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Blog: Le « Land Day 6 » de l’UNCCD en marge de la Cop11 de la CBD à Hyderabad : Une Journée grand public, pour soutenir la réalisation des objectifs Aichi de la biodiversité par la gestion durable des terres

Nadia Ben Sellam, le Maroc*

02/11/12 - « Times of India », le quotidien anglophone le plus lu en inde,  avec la plus large distribution dans le monde, a critiqué durement dans son numéro du 18 octobre,  en une, l’absentéisme flagrant des décideurs politiques à la réunion ministérielle de haut niveau, tenue lors de la 11ème réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la Diversité Biologique (Cop 11) à Hyderabad, en inde du 08 au 19 octobre 2012.

« Les rangées de chaises vides et les discours manquant d’inspiration  prononcés devant un maigre auditoire» ont soulevé, à moins d’un jour de la clôture de la Cop11, des questions « inquiétantes » par rapport à l'engagement des pays membres de la CBD [ Convention sur la Diversité Biologique ] sur la question de la préservation de la biodiversité.
Selon des sources de l'Organisation Nations Unies (ONU), 77 représentants des 193 membres des États membres de la CBD y ont pris part, mais les images transmises par les écrans en dehors de la salle 3 du Hyderabad International Conference Center (HICC) réfutaient, selon le journal indien, le nombre avancé, le portant à la moitié.
Deux jours auparavant, dans une autre salle portant le nom de « Rio Conventions Pavilion », une autre réalité se présenta. Heureusement, les nombreuses activités de la Cop11, y compris les activités en marge, comme le «Land Day 6» (Journée des Terres 6) organisé le 15 octobre par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse (CNULD) sont une bonne source d'espoir et d’inspiration soutenant les travaux officiels de telles conférences de grande envergure. Elles représentent la 2e  face d'une même pièce de monnaie ; différentes, moins importantes, mais nécessaires, voire incontournables,  pour compléter l’image et faire passer le message à qui de droit.
La « Journée des Terres 6 » a été marquée, tout au long de ses travaux, par une présence considérable tant qualitative que quantitative. Il était clair qu’il ne s’agissait pas d’une simple coïncidence. Ceux qui ont tenu à y assister au milieu des activités épuisantes de la Cop11, où les corps étaient déjà épuisés et les esprits tournés vers des sujets bien définis, recherchaient certainement quelque chose qui les préoccupaient. Ils étaient  interpellés par le thème de la Journée « Neutralité de la dégradation des terres : une réponse aux Objectifs d'Aichi sur la biodiversité ».

Au nombre de 20, les objectifs d'Aichi, en référence à la préfecture d'Aichi à Nagoya, au Japon, adoptés par les Parties à la Convention sur la Diversité Biologique en octobre 2010, constituent un nouveau plan d’action de dix ans. Il s’agit de «Vivre en harmonie avec la nature» comme le souligne le slogan de ces objectifs, via la mise en œuvre d’un «Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 ». Remarquablement, dix de ces objectifs peuvent être atteints par la gestion durable des terres (SLM).

La réalisation de 50% des objectifs d’Aichi rappelle, d’une part, la définition de la désertification comme étant la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, causée surtout par l’activité humaine. D’autre part, elle rappelle les moyens indispensables à la lutte et à la conservation adaptés, particulièrement  la mise en valeur intégrée des terres, visant un développement durable basé sur la prévention et/ou la réduction de la dégradation des terres, la réhabilitation des terres partiellement dégradées, et la restauration des terres désertifiées.
Si une telle proportion d'intersection et de complémentarité entre les objectifs des 2 conventions n'était qu’un faux discours dans le mot d'ouverture de M. Luc Gnacadja, Secrétaire exécutif de la CNULD, M. Braulio de Souza Dias, Secrétaire exécutif de la CBD n’aurait pas été, lui-même, le premier à confirmer ce fait, et à même « aimer le (lui) rappeler », a dit M. Gnacadja avec un ton amusant. Pour stimuler les synergies possibles, il s’est demandé sur ce que le Secrétariat de la CBD entend faire à ce sujet, et comment  la CNULD  peut l'aider à atteindre ses objectifs alors qu’elle poursuit la réalisation des siens.

« La mise en œuvre, la mise en œuvre, la mise en œuvre » des objectifs d’Aichi, fut la réponse leitmotiv de M. de Souza Dias, qui a souligné quelques objectifs prioritaires relatifs à la CNULD. Un chantier d’investigation qui traite des questions sur les moyens de mise en œuvre et l’évaluation des engagements des pays membres à 8 ans de l'échéance des objectifs d’Aichi.
L’appel de la CNULD à la restauration de la biodiversité dans les terres dégradées ou sujettes à la dégradation complète, met l’accent sur les zones arides où la fragilité des écosystèmes est extrême. Généralement, la restauration ne constitue qu’une part de la solution menant à l'objectif 2030 de la neutralité de la dégradation des terres, adopté à l'unanimité dans la Déclaration de Rio+20 l'été dernier.

L’effort d’éviter la dégradation de nouvelles terres est la deuxième part indispensable de la solution. « Là où cela est inévitable, il faut compenser, selon Le SE de La CNULD, les terres dégradées en restaurant au moins une quantité égale de terres à celle qui est dégradée ». Mais, l’«idéal » à son avis, serait de faire en sorte que l’effort de la restauration soit mené dans « le même paysage, avec la même communauté et dans le même écosystème ». En effet, cette possibilité ne relève pas de l’idéalisme, mais plutôt du réalisme qui provient de la volonté politique des décideurs au niveau local.

Tous les participants au «Land Day 6» semblaient convaincus de la pertinence de la gestion durable des terres dans la lutte contre la perte de la biodiversité. Mais entre restaurer, éviter la dégradation, compenser les terres dégradées par une restauration égale à la dégradation, et atteindre un taux Zero net dégradation des terres, le défi d’assurer l’engagement des pays membres s’impose désormais au niveau des deux conventions, avec la contrainte de temps inhérente aux objectifs à atteindre d’ici peu.


* Mme Ben-Sellam Nadia est une journaliste du Maroc qui travaille dans la presse écrite depuis 13 ans. Elle est correspondante du quotidien arabophone international Alhayat basé à Beyrout depuis 2007.

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