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Blog: La dégradation des écosystèmes dans les zones arides : Une évaluation à faire pour atteindre les objectifs d’Aichi d’ici 2020

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​​02/11/12 - Nous sommes encore peu informés, ou mal informés, de la situation sur la dégradation des écosystèmes dans les zones arides. Les données disponibles en la matière sont de nature à minimiser la dégradation dans ces zones de plus haute fragilité, alors que les estimations des scientifiques disent le contraire.

Le PNUD souligne que les écosystèmes fragiles sont des écosystèmes importants qui ont des caractéristiques et des ressources uniques en leur genre. L’équilibre de ces écosystèmes repose considérablement sur les terres arides. Celles-ci jouent un rôle crucial à ce niveau à l’échelle planétaire, précise la FAO.

Cependant, c’est exactement dans ces zones que la perte de la qualité des sols et de la biodiversité frappe le plus fort, et touche directement la vie et le bien-être de 250 millions de personnes, en menaçant également un milliard de plus, des deux milliards qui y vivent.

Si les experts de l’UICN présents au Land Day 6 tenu le 15 octobre à Hyderabad en parallèle de la COP11 de la CBD, ont poussé légèrement la marge des terres dégradées dans les terres arides de 25% jusqu’au tiers, James Aronson, chercheur en écologie de la restauration, s’interroge sur la vraie étendue de la dégradation des écosystèmes dans les zones arides, et n’est point modéré.

L’empreinte humaine sur les écosystèmes de ces zones serait, selon lui, d’une ampleur critique dépassant de très loin l’estimation avancée dans les milieux officiels. « D’après ce qui j’ai vu sur le terrain, la dégradation est beaucoup plus importante», a-t-il confirmé dans une interview à la fin de la Journée des terres 6.

La dégradation et la perte de la biodiversité dans les terres arides atteignent un seuil alarmant allant jusqu’à 70%, du point de vue de ce chercheur de la Society for Ecological Restoration (SER), qui conduit depuis plusieurs années des travaux sur la restauration des écosystèmes dans les zones arides dans différents pays, notamment en Afrique.

Pas de quoi s'enthousiasmer à ce propos sur la déclaration de bonne intention des États membres à la Convention sur la biodiversité concernant les objectifs d’Aichi à Hyderabad.
Dans la note du Secrétaire exécutif de la CBD à la COP11 intitulée «Examen des progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan stratégique 2011-2012 pour la diversité biologique, y compris l’établissement d’objectifs nationaux et l’actualisation des stratégies et plans d’action nationaux pour la diversité biologique», la plupart des États africains, à titre d’exemple, ont indiqué qu’ils ont l’intention d’actualiser leurs stratégies nationales pour la diversité biologique en fonction du Plan stratégique décennal.

Or, la restauration des écosystèmes est encore une idée vague pour l’Afrique. C’est, du moins, ce qui ressort de la demande faite par le Groupe Africain, le 08 octobre 2012, durant la réunion du Groupe de travail I (GT I), sur la nécessité de clarifier la compréhension de la «restauration des écosystèmes» dans le cadre de la CBD.

L’Afrique du Sud, qui a été présente au Land Day 6 en tant que pays pionnier grâce aux progrès accomplis vers les objectifs d'Aichi, est, le seul pays du continent, à ce jour, qui a établi des objectifs nationaux conformes aux objectifs d’Aichi.

Il a aussi incorporé les résultats dans sa stratégie et son plan d’action nationaux pour la diversité biologique. D’ailleurs, l’Afrique du Sud a suggéré au sein du «GT I» de placer davantage l'accent sur la santé des écosystèmes et leur fonctionnement.

La disparité conclue au niveau des estimations sur la dégradation des écosystèmes dans les terres arides aurait des retombées non-négligeables pour les chantiers de la valorisation, la réhabilitation, la restauration et la préservation de la diversité biologique, en lien avec le Plan stratégique 2011-2020 servant à la mise en œuvre des objectifs d’Aichi. L’équilibre des écosystèmes de la planète dépend de la santé des terres et sols dans les zones arides, ne l’oublions pas !

* Mme Ben-Sellam Nadia est une journaliste du Maroc qui travaille dans la presse écrite depuis 13 ans. Elle est correspondante du quotidien arabophone international Alhayat basé à Beyrout depuis 2007. ​

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