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Les conséquences de la désertification

La désertification réduit la résistance des terres à la variabilité naturelle du climat. Le sol, la végétation, les ressources en eau douce ainsi que les autres ressources des terres arides acquièrent une certaine résistance. Elles peuvent parvenir, avec le temps, à récupérer d'un accident climatique tel qu'un épisode de sécheresse, voire de problèmes causés par l'homme, tel que le surpâturage. Cependant, quand les sols sont dégradés, cette résistance est gravement affaiblie, ce qui entraîne des conséquences physiques et socio-économiques.

Le sol devient moins productif. Un sol superficiel exposé et érodé risque d'être dispersé par le vent ou lessivé par des pluies torrentielles. La structure physique du sol et sa composition biochimique peuvent être affectées. Des ravins et des fissures peuvent se former, des nutriments vitaux être emportés par le vent ou l'eau. Si le niveau de la nappe phréatique s'élève en raison d'un drainage insuffisant et de mauvaises pratiques d'irrigation, le sol risque de s'engorger, provoquant une accumulation de sels. Un sol piétiné et écrasé par le bétail peut ne plus permettre la croissance végétale et perdre sa capacité de retenir l'humidité, entraînant un accroissement de l'évaporation et du ruissellement.

La végétation est endommagée. La perte de couverture végétale est à la fois une conséquence et une cause dé dégradation des terres. Un sol qui n'est plus fixé laisse s'envoler le sable qui endommage alors les plantes, les enterre ou met leurs racines à nu. Lorsque les pâturages accueillent trop de bétail, ou des espèces inadaptées, les espèces végétales comestibles risquent de disparaître et de laisser le champ libre à des espèces non comestibles.

Certaines des conséquences de la désertification retombent sur les populations vivant en dehors de la zone immédiatement touchée. Les terres dégradées peuvent être cause d'inondations en aval, de baisse de la qualité de l'eau, d'envasement des cours d'eau et des lacs, et d'ensablement des réservoirs et des voies de navigation. Elles peuvent aussi provoquer des tempêtes de sable et une pollution atmosphérique, causes de dommages aux machines, de diminution de la visibilité, de dépôts de sédiments indésirables, et de tension mentale. La poussière véhiculée par le vent peut aussi entraîner des problèmes de santé, en particulier des infections oculaires, des maladies respiratoires et les allergies. On a relevé des augmentations spectaculaires de la fréquence des tempêtes de sable pendant les années du "Dust Bowl" aux Etats-Unis, dans la région du projet "Terres vierges" dans l'ancienne URSS dans les années 50, ainsi que dans le Sahel en Afrique pendant les années 70 et 80.

La production vivrière est compromise. Si la désertification est considérée comme un problème écologique majeur, c'est en bonne partie à cause du lien entre la dégradation des terres arides et la production vivrière. Pour assurer une alimentation satisfaisante sur le plan nutritionnel à la population croissante de la planète, il faudrait multiplier par trois la production alimentaire au cours des 50 prochaines années. Même dans des circonstances favorables, pareil résultat sera difficile à obtenir. Si la désertification n'est pas stoppée et inversée, les rendements baisseront dans de nombreuses régions affectées, avec pour conséquences la malnutrition, la faim, voire la famine. Toutefois, la relation entre la dégradation des terres et le rendement des cultures est rarement directe. La productivité est influencée par un grand nombre de facteurs différents, tels que conditions météorologiques, maladies et parasites, méthodes de culture, ainsi que marchés extérieurs et autres facteurs économiques.

La désertification aggrave la famine. La famine survient généralement dans des zones déjà frappées par la pauvreté, par des troubles civils ou par la guerre. La sécheresse et la dégradation des terres contribuent souvent au déclenchement d'une crise qui est ensuite exacerbée par la mauvaise distribution des vivres et par l'incapacité de la population d'acheter les ressources disponibles.

La désertification entraîne d'énormes coûts sociaux. On est aujourd'hui davantage conscient de la relation entre la désertification, les mouvements de population et les conflits. En Afrique, de nombreuses personnes ont été déplacées à l'intérieur de leur pays ou contraintes à émigrer par la guerre, la sécheresse et la dégradation des terres arides. Les ressources écologiques à l'intérieur et autour des villes et des camps où ces personnes s'établissent sont mises à rude épreuve. Les conditions de vie difficiles ainsi qu'une perte d'identité culturelle dès personnes touchées minent davantage encore la stabilité sociale.

La désertification ponctionne fortement les ressources économiques. On dispose de peu de données détaillées sur les pertes économiques dues à la désertification, mais une étude inédite de la Banque mondiale indique que l'épuisement des ressources naturelles dans un pays du Sahel équivalait 'à 20% de son produit intérieur brut (PIB). A l'échelon mondial, on estime que les pertes de revenu subies dans les zones directement touchées par la désertification pourraient atteindre près de 42 milliards de dollars par an. Les coûts économiques et sociaux indirects encourus en dehors des zones touchées, y compris l'afflux de "réfugiés écologiques" et les pertes de production alimentaire nationale, sont sans doute beaucoup plus élevés.


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