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Des programmes d'action pour lutter contre la désertification

La Convention sur la lutte contre la désertification est mise en oeuvre au moyen de programmes d'action nationaux. Les pays développés Parties et les pays touchés Parties devraient se consulter au sujet de leurs rôles respectifs en matière d'appui à ces programmes, ce qui pourrait amener à une gestion plus globale, plus intégrée et plus participative des ressources naturelles dans les écosystèmes arides. Une fois accompli l'effort considérable de conception d'un programme-cadre, la solidarité internationale pourrait faciliter le lancement d'activités et de projets spécifiques au titre des politiques convenues, de façon efficace et sans créer de charges transactionnelles excessives. Comme les programmes doivent être adaptés au contexte régional, la plupart des exigences spécifiques sont décrites dans les cinq annexes concernant la mise en oeuvre au niveau régional pour l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine, la Méditerranée septentrionale et l'Europe centrale et orientale. En mars 2002, 57 programmes d'action nationaux avaient été mis au point et adoptés. On estime que ces instruments sont les références essentielles d'un processus permanent de planification de la réduction de la pauvreté et du développement durable des zones arides.

Les efforts de lutte contre la désertification devraient être pleinement intégrés dans le cadre d'autres programmes de développement. Inverser le processus de dégradation des terres et soulager la pauvreté sont des processus complémentaires. Il s'agit dans les deux cas d'améliorer la sécurité alimentaire, d'éduquer et de former la population, de renforcer les capacités des communautés locales et de mobiliser les organisations non gouvernementales. De même, comme la désertification influe sur d'autres problèmes écologiques tels que la diminution de la diversité biologique et les changements climatiques et qu'elle est influencée par ceux-ci, les programmes d'action nationaux doivent disposer d'un vaste potentiel pour promouvoir les synergies avec d'autres programmes liés à ces questions. Toutefois, il faut que l'amélioration des données de chaque pays et une plus grande reconnaissance des programmes d'action nationaux traduisent pleinement ce potentiel par des initiatives concrètes. Les Parties ont proposé d'organiser des ateliers nationaux réunissant les coordinateurs responsables des trois conventions pour faciliter la mise en œuvre de programmes de travail communs.

Les programmes, qui définissent les stratégies à long terme, sont formulés avec la participation active des communautés locales. Ils sont essentiels pour garantir la prise en charge et la continuité dans la programmation à long terme. Grâce au processus de participation, les gouvernements peuvent coordonner et administrer leurs ressources plus efficacement tout en s'attaquant aux causes socio-économiques sous-jacentes de la désertification. Les programmes portent en particulier sur les mesures de prévention et favorisent un engagement de ceux-là même qui dépendent le plus de la terre à adopter des pratiques durables. Ils doivent être suffisamment souples pour intégrer de nouvelles initiatives et des adaptations locales à mesure que les conditions évoluent. Dans de nombreux cas, le renforcement des capacités des principaux protagonistes au niveau local a permis de cerner et de surmonter les obstacles liés à la prise de décisions concernant la gestion des ressources naturelles. Toutefois, faute d'une forte présence de la société civile dans d'autres Etats touchés, il reste difficile d'assurer la participation des populations à la formulation de la politique dominante et au processus de mise en œuvre de celle-ci.

Les programmes d'action nationaux indiquent les mesures concrètes à adopter et l'engagement des gouvernements nationaux à créer un " environnement porteur ". Les mesures spécifiques destinées à améliorer l'environnement économique pourraient comprendre la création d'instruments financiers adaptés aux besoins locaux ou l'introduction de cultures résistant à la sécheresse. On pourrait aussi encourager la recherche, les plans d'urgence en cas de sécheresse et l'amélioration des systèmes d'alerte précoce. Les gouvernements nationaux peuvent s'engager à surmonter les obstacles et à apporter leur appui en adoptant de nouvelles lois ou en renforçant la législation existante et en mettant en place des politiques qui favorisent un développement durable, par exemple en remplaçant le bois de feu par d'autres sources d'énergie. Une partie du budget national doit être clairement affectée à la lutte contre la désertification et la sécheresse, en fonction de la situation et des capacité de chaque pays, mais les programmes d'action nationaux devront aussi drainer d'importantes ressources financières d'origine extérieure. L'insuffisance des ressources et des fonds consacrés aux programmes d'action nationaux a ralenti et entravé la mise en œuvre de ceux-ci. Alors que les Parties passent de l'étape de l'élaboration à celle de la mise en œuvre des programmes d'action nationaux, il est nécessaire de créer d'urgence un mécanisme national de mobilisation de l'appui international à ces programmes dans les pays touchés Parties.

Des programmes d'action sous-régionaux et régionaux peuvent contribuer à l'harmonisation et au renforcement des programmes nationaux. Ils sont conçus grâce à des consultations entre les pays touchés de chaque région (comme l'Afrique) et sous-région (comme l'Afrique de l'Ouest). Les programmes d'action sous-régionaux et régionaux peuvent non seulement renforcer l'efficacité des programmes nationaux mais aussi favoriser des programmes conjoints pour la gestion durable des cours d'eau partagés et des autres écosystèmes transfrontaliers. Les réseaux thématiques qui constituent souvent les principaux éléments des programmes d'action régionaux ont un effet d'entraînement sur des activités d'envergure nationale telles que la gestion des ressources en eau, l'agrosylviculture et la surveillance. Ils forgent les capacités scientifiques et techniques de chaque pays et peuvent contribuer à diffuser la connaissance des technologies appropriées et des règles de l'art. En mars 2002, sept programmes d'action sous-régionaux et trois programmes d'action régionaux avaient été lancés.

Une évaluation globale réalisée par les Parties en 2000 et 2001 a souligné la possibilité de reproduire les meilleures pratiques et les résultats positifs. Parmi les activités et les résultats positifs des programmes, on compte la contribution à une approche plus intégrée liant les cadres nationaux de développement et la protection des zones arides, le resserrement des liens entre les gouvernements et les collectivités locales, surtout dans les grands pays, la décentralisation de la participation des protagonistes et des utilisateurs finals des ressources naturelles au processus de mise au point de divers programmes allant au-delà de la Convention à l'aide de mécanismes consultatifs de portée régionale et locale, la création de systèmes nationaux d'information sur la désertification ayant pour objet d'accroître le flux de l'information entre toutes les parties concernées, et l'esprit d'entreprise privée, la mobilisation sociale ainsi que l'application de techniques appropriées telles que l'irrigation au goutte-à-goutte, l'amendement des sols, la culture hydroponique et l'écotourisme.

Les Parties ont défini l'intégration des politiques de développement durable dans les politiques économiques comme étant un défi à relever. Elles ont souligné la nécessité impérieuse d'établir une coopération interministérielle et d'inscrire les programmes d'action dans des stratégies de développement afin de régler le problème de façon globale et d'éviter le chevauchement des tâches. Comme les programmes d'action nationaux couvrent de nombreux secteurs du développement tels que l'agriculture, l'exploitation forestière et la gestion des ressources en eau, ils ont parfois favorisé la coopération interministérielle et attiré l'attention sur des régimes fonciers impropres ou sur certaines pratiques commerciales ne conduisant pas à une exploitation écologiquement viable des sols. En outre, les Parties ont demandé la prise en compte de mesures liées à la Convention dans des négociations bi et multilatérales.

Parties pertinentes de la Convention: articles 4, 5, 8, 9, 10 et 11 et articles 4, 8 et 9 de l'Annexe concernant la mise en oeuvre au niveau régional pour l'Afrique.

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