Chaque centimètre de terre compte pour la survie des petits États insulaires en développement
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2 décembre 2025
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Press release
La perte de terres fertiles et les sécheresses extrêmes placent les PEID en première ligne dans un climat qui se réchauffe.
La voix des PEID gagne en importance à l’approche de la COP17 de la CNULCD en Mongolie
- La superficie des terres des PEID touchées par au moins six mois de sécheresse extrême par an atteint 17 %, contre 2 % il y a 60 ans. Près de sept personnes sur dix vivant dans les PEID sont désormais exposées à la sécheresse.
- Les PEID doivent d’urgence adopter des pratiques agricoles durables pour renforcer leur sécurité alimentaire et hydrique face au changement climatique.
- Le Forum des PEID de la CNULCD met en lumière les défis uniques auxquels sont confrontés les PEID, alors que la perte de terres fertiles et les sécheresses sévères menacent vies humaines et moyens de subsistance.
Bonn/Panama City, le 2 décembre 2025 – Chaque centimètre de terre est vital pour la survie des petits États insulaires en développement (PEID), qui subissent de plus en plus les effets de sécheresses aggravées et de la perte de sols fertiles, selon une note d’information publiée lors de la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23) qui se tient au Panama.
Préparée par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), cette note avertit que la part des terres des PEID touchées chaque année par au moins six mois de sécheresse extrême est passée à 17 % pour la période 2014–2023, contre 2 % entre 1961 et 1970. Parallèlement, l’urbanisation, l’agriculture non durable et les industries extractives alimentent la dégradation de terres précieuses dans certains des territoires les plus petits, les plus isolés et les plus pauvres du monde — qui sont aussi parmi les plus vulnérables au changement climatique.
Les PEID abritent près de 74 millions de personnes, soit environ 1 % de la population mondiale, mais font face à des défis sociaux, économiques et environnementaux uniques : la perte de la moindre surface de terre productive compromet leur sécurité alimentaire, hydrique et énergétique ; augmente la transmission des maladies infectieuses ; et fragilise les moyens de subsistance ruraux, les femmes et les filles étant les plus durement touchées. Compte tenu du faible volume de terres arables et de la base de ressources étroite, chaque parcelle de terre est cruciale pour la résilience des communautés, des économies et des écosystèmes — en particulier face aux aléas climatiques.
La Secrétaire exécutive adjointe de la CNULCD, Andrea Meza, a déclaré : « Les petits États insulaires en développement nous rappellent que prendre soin de nos terres est une question existentielle. Nous devons transformer de toute urgence nos systèmes alimentaires et aligner nos politiques afin d’utiliser les terres comme fondement du développement durable, comme garantie de sécurité et comme solution pour le climat et la biodiversité. Alors que le monde connaît des phénomènes météorologiques et climatiques de plus en plus extrêmes, il est impératif d’investir dans des terres saines pour réduire la vulnérabilité de nos communautés — dans les PEID et au-delà. »
Des défis croissants
La note résume les principales informations issues d’évaluations récentes et de sources scientifiques — dont le tableau de bord de données de la CNULCD — afin de présenter les défis et opportunités des PEID en matière de terres et de sécheresse. Les PEID comprennent 39 États et 18 territoires répartis dans les Caraïbes, le Pacifique, ainsi que l’Atlantique, l’océan Indien et la mer de Chine méridionale (AIS).
- Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire des PEID est freinée par la faible quantité de terres arables, le coût élevé des importations alimentaires et le triple fardeau de la malnutrition : sous-alimentation, carences en micronutriments et obésité. Dans la plupart des PEID, la production agricole est limitée par la faible fertilité des sols, les coûts élevés des intrants et l’exposition aux sécheresses, cyclones et phénomènes de salinisation — les rendant incapables de répondre à la demande alimentaire intérieure. La dégradation des terres aggrave encore cette situation fragile.
- Dégradation des terres :La gestion non durable des terres et de l’eau augmente la vulnérabilité des PEID à la sécheresse. De nombreux processus de dégradation trouvent leur origine dans les héritages du colonialisme — en particulier les plantations de cultures de rente et les industries forestières, qui ont remplacé les pratiques autochtones de gestion des terres et entraîné une insécurité foncière.
- Sécheresse et pénurie d’eau :Un problème croissant, notamment pour les PEID les plus pauvres, les plus petits ou les plus isolés — tels qu’Haïti, la Martinique, les Comores, les Îles Marshall et Guam.
Cinq PEID connaissent une pénurie d’eau (moins de 1 000 m³ par habitant et par an), et trois autres font face à une pénurie absolue (moins de 500 m³). - Biodiversité : Les PEID couvrent moins de 0,5 % de la surface terrestre, mais abritent plus de 20 % de la biodiversité mondiale. La perte de biodiversité réduit la fertilité des sols, la pollinisation, les cycles hydrologiques et la protection côtière — affaiblissant ainsi la productivité des écosystèmes, leur résilience et la sécurité alimentaire.
- Politiques publiques et données :Les institutions locales manquent souvent de ressources et d’expertise pour intégrer des solutions fondées sur la nature dans la gestion des terres. Le renforcement des capacités techniques et l’accès à des données de couverture terrestre à haute résolution sont essentiels. Huit des vingt pays en tête de l’indice mondial de fuite des cerveaux (Human Flight and Brain Drain Index) sont des PEID : Jamaïque, Haïti, Guyana, Grenade, Cabo Verde, Samoa, Micronésie et Fidji.
- Financements : Seulement 487 millions USD de l’ensemble des financements destinés aux PEID entre 2016 et 2023 concernaient la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. De plus, ces financements étaient très concentrés : cinq pays — Papouasie-Nouvelle-Guinée, Haïti, République dominicaine, Îles Salomon et Fidji — en ont reçu 65 %.
Gouvernance de l’utilisation des terres
La gouvernance des terres est un défi majeur pour les PEID.
Dans les Caraïbes, l’insécurité foncière héritée de l’époque coloniale décourage les investissements dans la gestion durable des terres et de l’eau, alimentant un cercle vicieux de pauvreté et de dégradation.
Dans le Pacifique, de nombreuses communautés ont conservé des droits coutumiers sur leurs terres ancestrales, mais perdent leurs rares terres arables au profit d’une urbanisation non planifiée. La note souligne que des garanties juridiques protégeant les systèmes de gouvernance traditionnels et la participation des communautés à la planification de l’utilisation des terres sont essentielles pour inverser ces tendances.
Fred Nicholas, chargé de projet du National Environment Service des Îles Cook, explique :
« La planification spatiale est un outil puissant : elle permet de protéger les terres saines, de réduire les conflits liés aux ressources limitées et de renforcer la résilience face à la sécheresse et au changement climatique. Mais son efficacité dépend d’une collaboration étroite entre les agences gouvernementales, les chefs traditionnels et les communautés, afin de gérer durablement les terres, les aquifères et les zones côtières selon une véritable approche de la crête au récif (ridge-to-reef). »
Interventions rentables
Les PEID dépendent fortement de paysages sains pour soutenir des secteurs économiques essentiels tels que l’agriculture, la pêche et le tourisme.
Aujourd’hui, 26 des 39 PEID Parties à la CNULCD se sont engagés dans le processus de définition d’objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres (NDT), dont la République dominicaine, Maurice, Sao Tomé-et-Principe et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Les approches comprennent notamment :
Planification intégrée de l’utilisation des terres : Elle permet de gérer de manière équilibrée des ressources foncières limitées, tout en répondant aux besoins concurrents du logement, de l’agriculture, de la conservation de la nature et du tourisme.
Pratiques agricoles autochtones et agroforestières : Elles constituent des moyens rentables d’améliorer la sécurité alimentaire, l’adaptation climatique et le développement durable.
Dans toutes les régions, les PEID possèdent des approches traditionnelles plus résilientes aux sécheresses, inondations et tempêtes que les monocultures industrielles. Les systèmes d’utilisation duale des terres — agroforesterie, agrivoltaïsme, agriculture urbaine — peuvent à la fois protéger les services écosystémiques et répondre aux besoins alimentaires croissants.
Efforts de coopération
Les PEID parlent d’une voix unifiée dans les dialogues multilatéraux, notamment lors des négociations sur le climat.
L’atelier et l’événement parallèle du Forum des PEID de la CNULCD démontrent comment les PEID placent la dégradation des terres et la sécheresse au cœur de leur agenda de développement. Les dirigeants y ont appelé à des investissements dans la restauration des terres, la gestion de l’eau et des déchets, ainsi qu’à renforcer la planification intégrée de l’utilisation des terres comme élément clé de la résilience climatique.
Calvin James, ancien responsable du PILSM et désormais coordinateur du Forum des PEID de la CNULCD, a déclaré : « Les PEID connaissent de première main les impacts brutaux des catastrophes climatiques, comme la récente dévastation causée par l’ouragan Melissa en Jamaïque. Nous devons accélérer l’action sur les terres et la sécheresse en échangeant les bonnes pratiques, en partageant les enseignements tirés et en sensibilisant à nos défis et opportunités uniques. Nous considérons le Forum des PEID comme une étape clé vers la COP17, où nous espérons que les Parties reconnaîtront officiellement les petits États insulaires en développement comme une voix unifiée. »
Le prochain Global Land Outlook sur les PEID, qui devrait être publié avant la COP17 en Mongolie, fournira une analyse approfondie des défis fonciers uniques et des voies possibles pour renforcer la résilience.
Notes à l’intention des rédactions
Demandes d’informations et demandes d’interview : press [at] unccd.int (press[at]unccd[dot]int)
La note d’information « Small Island Developing States: Multi-dimensional challenges require integrated approaches to build resilience » est disponible ici :
Small Island Developing States: Multi-dimensional challenges require integrated approaches to build resilience | UNCCD
Ressources visuelles sur le CRIC23 et le tableau de bord des données de la CNULCD :
https://trello.com/b/zq0kxtkK/unccd-cric23-panama-2025
Informations supplémentaires et actualités sur la Convention et le CRIC23 :
https://www.unccd.int/cric23
À propos de la CNULCD
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiales pour les terres.
Nous rassemblons gouvernements, scientifiques, décideurs, secteur privé et communautés autour d’une vision commune et d’une action mondiale visant à restaurer et gérer durablement les terres de la planète.
Bien plus qu’un traité international ratifié par 197 Parties, la CNULCD est un engagement multilatéral à atténuer les impacts actuels de la dégradation des terres et à promouvoir une gestion durable pour garantir nourriture, eau, logement et opportunités économiques pour toutes et tous, de manière équitable et inclusive.
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Brief
The brief summarizes assessments to detail SIDS' challenges and opportunities regarding land and drought and points to urbanization, unsustainable agriculture and extractive industries as drivers of land degradation in these most climate-vulnerable territories.
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