The Anthropocene loop in the Sahel: geography of two environmental mega-projects (Great Green Wall, Lake Chad inter-basin water transfer)
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UNCCD Library
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article
La boucle de l’Anthropocène au Sahel : nature et sociétés face aux grands projets environnementaux (Grande Muraille Verte, Sauvegarde du lac Tchad)
La crise environnementale globale confère aux grands projets de restauration écologique un regain d’intérêt de la part des États. C’est le cas au Sahel, où deux mégaprojets sont imaginés pour lutter contre la désertification et le changement climatique : l’édification de la Grande muraille verte (GMV) vise à revégétaliser les sols dégradés des zones semi-arides grâce à des plantations à grande échelle, tandis que le sauvetage du lac Tchad consiste à aménager un transfert d’eau depuis le bassin du Congo vers le lac Tchad perçu comme étant en voie d’assèchement. Cet article porte un regard géographique et critique sur ces deux projets, ici appréhendés à l’aune du concept d’Anthropocène et de la notion de boucle de rétroaction : dans quelle mesure les sociétés peuvent-elles retourner contre elles-mêmes la force tellurique du système-Terre à travers de grands projets visant justement à atténuer les effets négatifs de leur empreinte ?
The global environmental crisis has given major ecological restoration projects a renewed interest from governments. In the Sahel, two examples of these environmental mega projects are designed to combat both desertification and climate change: the construction of the Great Green Wall (GGW) aims to replant degraded soils in semi-arid areas through large-scale planting, while the rescue of Lake Chad consists in developing a water transfer from the Congo Basin to Lake Chad, which is perceived as drying up. This article aims to take a geographical and critical look at these two projects, which are approached here in the light of the concepts of Anthropocene and feedback loop: to what extent can societies turn the telluric force of the Earth system against themselves through large projects that are aimed precisely at mitigating the negative effects of their footprint?
Introduction : l’Anthropocène sahélien en question
Deux grands projets dans leur contexte régional et global
Pour lutter contre la « désertification », créer une néo-forêt et dévier un fleuve
Du XIXe siècle à nos jours, un contexte sahélien propice aux grands projets
Des utopies qui ont la vie dure
Des projets attractifs pour de nombreux acteurs aux intérêts convergents
Des facteurs qui limitent leur faisabilité
Distance et tensions avec les territoires
Une Grande muraille verte aux ambitions freinées
Lac Tchad : restauration ou table rase ?
Conclusion : l’Anthropocène enlisé ?
La crise environnementale globale confère aux grands projets de restauration écologique un regain d’intérêt de la part des États. C’est le cas au Sahel, où deux mégaprojets sont imaginés pour lutter contre la désertification et le changement climatique : l’édification de la Grande muraille verte (GMV) vise à revégétaliser les sols dégradés des zones semi-arides grâce à des plantations à grande échelle, tandis que le sauvetage du lac Tchad consiste à aménager un transfert d’eau depuis le bassin du Congo vers le lac Tchad perçu comme étant en voie d’assèchement. Cet article porte un regard géographique et critique sur ces deux projets, ici appréhendés à l’aune du concept d’Anthropocène et de la notion de boucle de rétroaction : dans quelle mesure les sociétés peuvent-elles retourner contre elles-mêmes la force tellurique du système-Terre à travers de grands projets visant justement à atténuer les effets négatifs de leur empreinte ?
The global environmental crisis has given major ecological restoration projects a renewed interest from governments. In the Sahel, two examples of these environmental mega projects are designed to combat both desertification and climate change: the construction of the Great Green Wall (GGW) aims to replant degraded soils in semi-arid areas through large-scale planting, while the rescue of Lake Chad consists in developing a water transfer from the Congo Basin to Lake Chad, which is perceived as drying up. This article aims to take a geographical and critical look at these two projects, which are approached here in the light of the concepts of Anthropocene and feedback loop: to what extent can societies turn the telluric force of the Earth system against themselves through large projects that are aimed precisely at mitigating the negative effects of their footprint?
Introduction : l’Anthropocène sahélien en question
Deux grands projets dans leur contexte régional et global
Pour lutter contre la « désertification », créer une néo-forêt et dévier un fleuve
Du XIXe siècle à nos jours, un contexte sahélien propice aux grands projets
Des utopies qui ont la vie dure
Des projets attractifs pour de nombreux acteurs aux intérêts convergents
Des facteurs qui limitent leur faisabilité
Distance et tensions avec les territoires
Une Grande muraille verte aux ambitions freinées
Lac Tchad : restauration ou table rase ?
Conclusion : l’Anthropocène enlisé ?
Geographical Keywords
Africa
Sahel
Keywords
Great Green Wall (GGW)
security threats
desertification
climate change adaptation
ecological restoration