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Nairobi, le 1er mars 2024 - La sixième session de l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement (UNEA 6), qui s'est conclue aujourd'hui à Nairobi, a mis l’accent sur la contribution des terres saines à la résolution des problèmes mondiaux liés au changement climatique, à la perte de biodiversité, et au développement durable. Cette réunion d'une semaine a été marquée par l'adoption de la première résolution de l'UNEA sur la dégradation des terres, ainsi que par l'annonce du logo et du slogan de la 16ème Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD COP16). Cette conférence se tiendra à Riyad, en Arabie Saoudite, du 2 au 13 décembre 2024. S'exprimant lors de l'événement de haut niveau sur la lutte contre la dégradation des terres pour le climat et la biodiversité, la présidente de l'UNEA 6 et ministre de la Transition énergétique et du Développement durable du Royaume du Maroc, Leila Benali, a noté : « La terre est le seul dénominateur commun entre les trois conventions de Rio, et c'est seulement par la restauration des terres que nous pourrons atteindre leurs objectifs. Nous devons nous appuyer sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise et commencer par des solutions efficaces et crédibles concernant la santé des terres et des sols ». En annonçant le slogan de la COP16, « Nos terres. Notre avenir », Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, a déclaré : « La COP16 sera un moment décisif pour les terres, comparable à l'accord de Paris pour la CNULCD. Il est crucial d'assurer une convergence et une synergie entre les trois COP – biodiversité, changements climatiques et désertification – qui ont toutes lieu cette année. » Pour la première fois, l'UNEA a adopté une résolution appelant à renforcer les efforts internationaux pour lutter contre la désertification et la dégradation des terres, restaurer les terres dégradées, promouvoir la conservation et la gestion durable des terres, contribuer à la neutralité en matière de dégradation des terres et améliorer la résilience face à la sécheresse. Ces questions seront au cœur de la COP16 de la CNULCD. Au nom de la présidence de la COP16, Osama Ibrahim Faqeeha, vice-ministre de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture de l'Arabie saoudite, a déclaré : "les terres ne sont pas seulement importantes pour la vie humaine, elles sont aussi essentielles pour la biodiversité et le maintien de l'équilibre délicat de notre environnement. Nous devons reconnaître l'importance des terres et des autres éléments naturels de notre planète, car 24 % des émissions de gaz à effet de serre sont associées à divers schémas d'utilisation des sols". Dans le cadre de l'Initiative verte saoudienne, le gouvernement saoudien a pour objectif de planter 10 milliards d'arbres et de protéger 30 % des terres du royaume. Autres citations : Aziz Abdukhakimov, ministre de l'Écologie, de la Protection de l'Environnement et des Changements Climatiques de la République d'Ouzbékistan, qui a accueilli la réunion pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la CNULCD en novembre dernier, a déclaré : "Chaque minute, l'Ouzbékistan perd neuf mètres carrés de terres fertiles, ce qui constitue un problème majeur pour tout pays confronté à la dégradation des terres. Il est important de réunir la volonté politique, la science et les financements pour relever les défis du changement climatique, de la dégradation des terres et de la perte de biodiversité". Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a déclaré : "Les terres sont à l’origine de l'alimentation, et sans elles, nous ne pouvons ni produire de la nourriture ni nourrir la planète. Nous avons besoin d'une approche holistique, évitant la fragmentation, et d'investir dans des transformations durables de nos systèmes agroalimentaires pour assurer la sécurité alimentaire et faire face au changement climatique et à la perte de biodiversité". Hindou Oumarou Ibrahim, présidente de l'Association des Femmes et des Peuples Autochtones du Tchad (AFPAT), a déclaré : "Les peuples autochtones, qui représentent 5 % de la population mondiale, protègent 80 % de la biodiversité de la planète. Ils sont les gardiens des écosystèmes et les maîtres de la restauration des terres grâce à leurs connaissances traditionnelles. L'accès direct aux financements, la coordination des politiques et la prise de décision inclusive sont essentiels pour l'autonomisation des communautés et la mise en œuvre réussie de projets de restauration des terres." Patricia Kombo, Héroïne pour les terres de la CNULCD, du Kenya, qui a modéré l'événement de haut niveau à l'UNEA 6, a conclu en ces termes : "La dégradation des terres est un défi mondial qui nécessite une action concertée à tous les niveaux. Ce n'est qu'en travaillant ensemble que nous pourrons restaurer nos écosystèmes terrestres, assurer la sécurité alimentaire et atténuer les effets du changement climatique". Pour plus d'informations : Bureau de presse de la CNULCD, press@unccd.int, +49 228 815 2820, https://www.unccd.int/, @unccd Enregistrement et photos : https://www.youtube.com/watch?v=S_oSZoVZJF8 https://drive.google.com/drive/u/1/folders/1QhHqfX_pOFWBuot0ET5hGTogyrWDsq6Q Pour plus d'informations sur l'UNEA 6 et la COP16 de l'UNCCD, visitez : https://www.unep.org/environmentassembly/unea6 et https://www.unccd.int/cop16 A propos de la CNULCD La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiales pour les terres. Nous unissons les gouvernements, les scientifiques, les décideurs, le secteur privé et les communautés autour d'une vision commune et d'une action mondiale pour restaurer et gérer les terres du monde pour la sauvegarde de l'humanité et de la planète. Bien plus qu'un traité international signé par 197 parties, la Convention sur la lutte contre la désertification est un engagement multilatéral visant à atténuer les effets actuels de la dégradation des terres et à faire évoluer la gestion des terres de demain afin de fournir de la nourriture, de l'eau, des logements et des opportunités économiques à tous les peuples de manière équitable et inclusive.
Madame President, Dear UNEP Executive Director, Excellencies, Presidents and chairs of COPs Ministers, Dear colleagues Executive Secretaries of MEAs, Honorable Delegates, Ladies and Gentlemen, I would like to start by thanking the President of UNEA (my sister Leila Ben Ali) and the Executive Director of UNEP (my other sister Inger Andersen) for dedicating an entire day of UNEA6 to the Multilateral Environmental Agreements (MEAs). This is a real credit to UNEP. UNEA is one of the important platforms to discuss these issues. Thirty years after the signing of the Rio conventions, and more than fifty years after the creation of some of the MEAs represented here, we must face the facts: the implementation of these treaties cannot be done in silos. We cannot be effective if the left hand does not know what the right hand is doing. Even less so if all the work done by the national focal point for one convention is ignored, or worse, brushed aside by another focal point. Putting things in order therefore begins at home, at the national level. International partners and development agencies, where appropriate, should play their part. MEA secretariats should help engineer cooperation and technical support. In this respect, institutions such as UNEP and Assemblies such as UNEA have a historic responsibility and a critical role to play in harmonizing the work and focus of the various MEAs as we face a multitude of interconnected crises. About the triple planetary crisis, indeed we face a climate crisis, a pollution crisis and a nature crisis. I would be remiss, as head of the UNCCD, not to insist that the nature crisis includes the immense crisis of land and drought, which is currently affecting more than 3 billion people, causing food insecurity, water scarcity and forced displacements. Action on the land is a powerful force for unity. The health of the land determines the food we eat, the water we drink, the quality of the air we breathe, the clothes we wear and many other services that contribute to our well-being. But the damage we inflict on our land poses a serious threat to world peace, and to the global economy. Similarly, the links between land and pollution are obvious. Air pollution is amplified by sand and dust storms. While plastic pollution affects rivers, lakes and oceans, the bulk of the stock stays in land affecting food production, people and the earth system as a whole. The good news is that there are solutions to these serious problems. They are well within our reach and this is literally in our hands. Make no mistake: the best solutions are those that tackle several challenges at once. We must slow down and adapt to climate change, protect and restore nature and biodiversity, reverse land degradation and desertification, and end pollution and waste. We don’t have the luxury of dedicating Monday to climate or pollution, Tuesday to biodiversity and only think that we can wait until Wednesday to tackle Land degradation. These issues are like communicating vessels and we have to address all these challenges at once! The scientific community is increasingly moving from sounding the alarm to signposting solutions that require concerted efforts. However, progress on turning commitments into transformative action must accelerate. Rapidly. Coherently. Consistently. Excellencies, Ladies and gentlemen, 2024 represents a new opportunity for us all: The three Rio conventions will hold their COPs consecutively at the end of this year. We already had a successful CMS COP a few days ago. At the UNCCD COP16 in Saudi Arabia - in December – we will embark on a unique journey – one that brings all communities of policy and practice to join forces towards a common goal: that of making land healthy again. Parties assembled in Riyadh at UNCCD COP16 will present a groundbreaking action agenda for all MEAs to reverse degradation and to accelerate efforts to restore 1.5 billion hectares of land by 2030. Healthy and productive land is the operational link between climate action and biodiversity conservation. Linking up action on land will allow us to take advantage of the synergies that build resilience, mitigate the impacts of climate change, safeguard biodiversity, provide food security for billions around the world, and transform the way we manage the environment and consume its bounty. And this is everyone’s effort. We must ensure that the work on each MEA commitment dovetails with and amplifies the work of the others. By forging synergies with UN entities and conventions, we can amplify our impact, leverage resources, and foster greater coherence in our collective response to global environmental challenges. For example: aligning land degradation neutrality targets with nationally determined contributions and the new biodiversity targets can maximize the impact of nature-positive investments and significantly diminish the huge gap between commitment and action. After all, we are facing one single global challenge – the sustainability of the planet and striving for an environment of peace and prosperity. Martin Luther King Jr once said: “We may have all come on different ships, but we're in the same boat now”. So, while MEAs have individual mandates, they ultimately have the same ambition: protecting the people and the planet. Let us make 2024 a pivotal year for environmental multilateralism. The science is clear and sobering. Long-term planning and cooperation are of the essence. But urgent action is needed. Recent years have proven that environmental multilateralism is working. It remains our best shot at tackling the complex and interconnected environmental challenges. Let’s take it! Thank you.
Bonn, Allemagne, 21 février 2024 - Cette année, la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée le 17 juin, sera axée sur l'avenir de la gestion des terres. Chaque seconde, l'équivalent de quatre terrains de football de terres saines se dégradent, ce qui représente un total de 100 millions hectares par an. Il est plus important que jamais d'impliquer les générations actuelles et futures pour arrêter et inverser ces tendances alarmantes et atteindre les engagements mondiaux visant à restaurer 1 milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030. Le thème choisi pour la Journée de la désertification et de la sécheresse de cette année, "Unis pour les terres : Notre héritage. Notre avenir", vise à mobiliser toutes les composantes de la société en faveur d'une gestion durable des terres. Le 17 juin 2024 marquera également le 30ème anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), basée à Bonn - le seul traité international juridiquement contraignant sur la gestion des terres et la sécheresse, l'une des trois conventions de Rio avec le climat et la biodiversité. Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, a déclaré : "Jusqu'à 40 % des terres de la planète sont déjà dégradées, affectant presque la moitié de l'humanité. Pourtant, des solutions existent. La restauration des terres permet aux populations de sortir de la pauvreté et renforce la résistance aux changements climatiques. Il est temps de s'unir pour les terres et de brandir un carton rouge à la perte et à la dégradation des terres dans le monde". Accueillie par le gouvernement de la République fédérale d'Allemagne, la manifestation mondiale aura lieu à la Bundeskunsthalle (galerie d'art et d'exposition de la République fédérale d'Allemagne) à Bonn, le lundi 17 juin 2024. "Environ un quart de la population mondiale est touchée par la sécheresse. L'état de nos sols en Europe se détériore également rapidement. La protection des sols et des terres est un défi mondial. Nous devons agir ensemble dès aujourd'hui pour que les générations futures puissent avoir accès à des ressources naturelles vitales. Nous ne pourrons nourrir l'humanité et faire face aux crises du climat et de la biodiversité que si nous disposons de sols sains" - Jochen Flasbarth, secrétaire d'État allemand au ministère fédéral de la coopération économique et du développement. Réunissant des dirigeants du monde entier, des jeunes et des personnalités éminentes du monde universitaire, de la société civile, du sport et du divertissement, l'événement mondial de commémoration témoignera d'une forte ambition d'être unis pour les terres, avant la plus grande conférence des Nations unies sur les terres et la sécheresse qui se tiendra à Riyad, en Arabie saoudite, en décembre 2024 (COP16 de la CNULCD). Tout au long des mois de mai et juin, la CNULCD, en collaboration avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et avec la ville de Bonn comme partenaire, donnera le coup d'envoi d'une campagne de sensibilisation du public #UNited4Land et participera à divers événements à Bonn et dans les environs sur l'avenir de la gestion des terres. Katja Dörner, maire de Bonn, a déclaré : "En tant que siège de la CNULCD et ville sur la voie de la neutralité climatique en 2035, Bonn ne peut penser et protéger le climat, la nature et la terre que de façon coordonnée. La terre, c'est tout - et bien plus que la zone sur laquelle notre ville est construite. La terre est le sol sur lequel poussent nos cultures, un habitat pour les plantes et les animaux, une éponge pour l'eau, un espace ouvert et un couloir de refroidissement – ainsi qu’un héritage que nous transmettons aux générations futures". Les pays du monde entier se mobilisent pour marquer la Journée de la désertification et de la sécheresse par une série d'activités éducatives, culturelles et sportives, allant de projections de films à des tournois de football, la plantation d'arbres et des concours de jardinage. Un programme complet des événements sera disponible en ligne à l'adresse suivante : https://www.unccd.int/events/desertification-drought-day. À propos de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse Officiellement déclarée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1994 (A/RES/49/115), la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée chaque année le 17 juin, a les objectifs suivants : Sensibiliser le public aux problèmes liés à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse Mettre en avant des solutions mises en œuvre par l'Homme pour prévenir la désertification et inverser la tendance à l'intensification de la sécheresse Renforcer la mise en œuvre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification Participez à la célébration de cette année : Pour en savoir plus sur la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse de cette année, cliquez ici /events/desertification-drought-day/2024 Pour accéder au matériel de la campagne #UNited4Land, cliquez ici https://trello.com/b/VdJGolcp/desertification-and-drought-day-2024 Pour en savoir plus sur les activités de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse dans le monde, cliquez ici https://www.unccd.int/events/desertification-drought-day/2024/events-around-world Pour participer en ligne à l'événement mondial de Bonn, veuillez contacter : communications(at)unccd.int Pour plus d'informations, veuillez contacter CNULCD : Xenya Scanlon, +49 152 5454 0492, xscanlon@unccd.int ou Yannis Umlauf, +49 178 285 8629 yumlauf@unccd.int avec copie à press@unccd.int BMZ : Service de presse, Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement. Tel : +49 (0)30 18 535-2451, Email : presse@bmz.bund.de, www.bmz.de
Your Excellency Minister Abdulrahman Al-Fadley, Honorable Ministers and Deputy ministers, Dear Colleagues and friends, It’s an honor for me to sign this agreement, on behalf of the United Nations, with the Kingdom of Saudi Arabia, as host to the Conference of the Parties (COP16) of the UN Convention to Combat Desertification (UNCCD). I would like to thank Minister Al-Fadley, and through you, the Government and people of the Kingdom of Saudi Arabia. The moment could not be more solemn: today we have signed more than a Host Country Agreement. We are sealing the commitment between two Parties, the Kingdom of Saudi Arabia and the United Nations, to join forces, to forge daily relationships, to build bridges across oceans and continents in order to make Riyadh, from 2 to 13 December 2024, the Multilateral Capital of the World, as far as our relations with the land are concerned. We are building an umbrella under which vulnerable populations around the world will find protective shelter to build their resilience in the face of severe and destructive droughts. Indeed, Saudi Arabia, its people and its Leadership will welcome tens of thousands of participants to the sixteenth session (COP16) of the United Nations Convention to Combat Land Degradation and Mitigate the Effects of Drought. Between the time we sign this agreement and the time we actually hold the Conference of the Parties, humanity will have degraded some 100 million hectares of fertile land. Over the same period, it is feared that hundreds of millions of people will be hit by severe droughts, with no safety valve or protective cushion. During the same period, women, children and other vulnerable groups will find themselves forced to flee from poverty, often venturing on extraordinarily perilous odysseys. Unless exceptional measures are taken, the loss of soil and productive land will lead to further conflicts over access to land and water, further food insecurity and, in some cases, a total loss of food sovereignty. Ladies and Gentlemen, COP16 will put a human face on these so-called natural or ecological phenomena. Coinciding with the 30th anniversary of this global treaty, COP16 will take place at a pivotal moment for our Convention. It is the time to move from strategies, plans and other methodological visions to action. It is the time to transform pledges into operations on the ground. Having realized how much we have scarred the face of the earth, we need to heal the wounds, not only to make the earth more beautiful, but to enable it to provide us with more vital services. We need the land. Land does not need us. We live off the land, it feeds us, clothes us and waters us. COP 16 gives humanity the opportunity not only to review its relationship with nature, but also to save itself from the perils it is inflicting on itself. Riyadh, in December, will be this nurturing and refreshing oasis in the middle of the desert. The Kingdom of Saudi Arabia will be offering the representatives of the 197 Contracting Parties to the UNCCD and many other stakeholders not only its legendary hospitality but also a strong sense of solidarity and shared commitment. We hope the world will heed our urgent call and this generous invitation from our hosts to come together in Riyadh for COP16 and secure our land's future. Thank you. Shukran.
Bonn/Dubaï, 9 Décembre 2023 – L'Allemagne accueillera la prochaine Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse le 17 juin 2024, qui marquera également le 30e anniversaire de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), l'une des trois conventions de Rio avec le climat et la biodiversité. L'annonce a été faite aujourd'hui en marge de la COP28 de la CCNUCC, en cours à Dubaï (EAU), par M. Jochen Flasbarth, secrétaire d'État du ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), M. Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, et Mme Katja Dörner, maire de Bonn et membre du comité exécutif mondial de l'ICLEI (Local Government for Sustainability) sur l'action climatique et le portefeuille de développement à faible taux d'émission. Les terres sont le fondement du bien-être humain et jouent un rôle clé dans la régulation du climat de la planète. Cependant, jusqu'à 40% des terres de la planète sont dégradées, ce qui affecte près de la moitié de la population mondiale. Depuis 2000, le nombre et la durée des sécheresses ont augmenté de 29%, ce qui représente un risque grave pour les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations. La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse de 2024 mettra l'accent sur le pouvoir de transformation des terres saines pour relever les défis actuels les plus urgents et les plus interdépendants, notamment le changement climatique, la perte de biodiversité, la sécurité alimentaire et la sécurité de l'eau - un modèle pour offrir aux générations futures une planète en bonne santé. La Journée marquera un engagement mondial renouvelé en faveur de la gestion durable des terres et de la résilience à la sécheresse dans la perspective de la 16ème Conférence des Parties à la CNULCD, prévue du 2 au 13 décembre 2024 à Riyad (Arabie saoudite). M. Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, a déclaré : « La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse 2024 marquera le 30ème anniversaire de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. En 1994, la communauté mondiale a posé un jalon en ratifiant le seul traité juridiquement contraignant promouvant une bonne gestion des terres. La restauration des terres et des sols dégradés constitue le terrain le plus fertile pour prendre des mesures immédiates et concertées en faveur de la santé de notre planète. Il est temps de réaffirmer cet engagement mondial en libérant le potentiel des terres pour les générations actuelles et futures. » La République fédérale d'Allemagne, par l'intermédiaire du ministère de la coopération économique et du développement (BMZ), accueillera la manifestation mondiale le 17 juin 2024. L'événement mobilisera d'éminentes personnalités internationales et allemandes ainsi que le grand public afin de sensibiliser à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse. M. Jochen Flasbarth, secrétaire d'État au ministère fédéral allemand du développement économique, a déclaré : « Qu'il s'agisse du changement climatique, de la perte de biodiversité, des pandémies ou des crises alimentaires, la qualité des sols joue un rôle central pour relever ces défis mondiaux. Les sols retiennent l'eau et permettent aux arbres et aux plantes de pousser. Nous ne pourrons nourrir l'humanité et faire face à la crise climatique et à ses conséquences que si nous disposons de sols sains. En 2024, lorsque la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification fêtera son 30ème anniversaire, le gouvernement allemand organisera la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, envoyant ainsi un signal fort de l’importance d’avoir des efforts internationaux soutenus contre la perte de sols fertiles. » La ville de Bonn, qui accueille le secrétariat de la CNULCD depuis 1999, organisera une série d'événements autour de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse de 2024. La ville jouera son rôle en soulignant le rôle des gouvernements locaux dans les efforts de restauration des terres, en présentant des exemples de pratiques d'utilisation durable des terres liées aux politiques urbaines. « En tant que maire de Bonn, siège de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, je suis ravie que l'Allemagne accueille la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse 2024. Ici, dans la ville allemande des Nations unies, lieu où les débats sur le climat, la nature et la terre se rejoignent et d'où partent les actions transversales pour la mise en œuvre de l'Agenda 2030. Je salue de tout cœur la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse à Bonn ! En collaboration avec le gouvernement fédéral allemand et sous la direction de la ministre fédérale de la coopération économique et du développement, Mme Svenja Schulze, je serai ravie d'accueillir un événement significatif engageant les dirigeants politiques, la communauté foncière, les acteurs culturels et le grand», a déclaré Katja Dörner, Maire de Bonn, via un communiqué vidéo. Officiellement déclarée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1994 (A/RES/49/115), la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée chaque année le 17 juin, est une occasion unique de mettre en lumière les solutions mises en œuvre par l'homme pour prévenir la désertification et inverser l'intensification des sécheresses en investissant dans des pratiques durables d'utilisation des terres. 2024 marquera le 30ème anniversaire de l'adoption de la CNULCD, l'une des trois conventions de Rio. La désertification, ainsi que le changement climatique et la perte de biodiversité, ont été identifiés comme les plus grands défis au développement durable lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Avec ses 197 parties, la CNULCD est le seul accord international juridiquement contraignant qui lie l'environnement et le développement à la gestion durable des terres. La convention vise à aider les pays à lutter contre la désertification, la dégradation des sols et la sécheresse. Un parcours remarquable, depuis des initiatives marquantes telles que la Grande Muraille verte d'Afrique, la plus grande structure vivante de la planète, jusqu'à l'établissement d'objectifs de Neutralité en matière de Dégradation des Terres - un engagement pris par 130 pays de mettre fin à la dégradation des terres d'ici à 2030. L'Allemagne a été un fervent défenseur de la convention tout au long de son histoire. Au cours des 30 dernières années, l'Allemagne a apporté une contribution politique et financière en tant que l'un des partenaires les plus actifs reconnaissant l'importance d'une terre et d'un sol sains - à la fois comme cause et comme solution à certains des défis les plus critiques pour l'humanité aujourd'hui. Pour plus d’information, veuillez contacter : CNULCD: Xenya Scanlon, +49 152 54540492, xscanlon@unccd.int ou Yannis Umlauf, +55 21 979820903, yumlauf@unccd.int avec en copie press@unccd.int et/ou unccd@portland-communications.com Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) : Service de presse, +49 30 18 535 - 2158, presse@bmz.bund.de, www.bmz.de Ville de Bonn : Département de la presse, du protocole et des relations publiques, +49 228 77-3000, presseamt@bonn.de, www.bonn.de À propos de la CNULCD La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiale pour la terre. Elle rassemble les gouvernements, les scientifiques, les décideurs, le secteur privé et les communautés autour d'une vision commune et d'une action mondiale visant à restaurer et à gérer les terres du monde pour la durabilité de l'humanité et de la planète. Bien plus qu'un traité international signé par 197 parties, la CNULCD est un engagement multilatéral visant à atténuer les effets actuels de la dégradation des terres et à promouvoir la gestion des terres de demain afin de fournir de la nourriture, de l'eau, un abri et des opportunités économiques à toutes les personnes de manière équitable et inclusive.
Excellences, Mesdames et Messieurs, « Pour une Afrique résiliante et démocratique : approche intégrée face à l’instabilité récurrente et aux fragilités institutionnelles ». Choix de thème ne pouvait être plus judicieux. Riche mais pauvre. Plusieurs intervenants ont déjà mis l’accent sur ce paradoxe vécu en Afrique. En Afrique, on parle de potentialités et d’opportunités. En Afrique, on aspire à transformer l’essai, c’est-à-dire à dépasser la phase de transition et mouvoir vers la pleine valorisation des richesses naturelles. Construire une Afrique résiliante et démocratique, suggère d’adopter une approche sécuritaire plus intégrée et adresser véritablement les causes profondes du mal africain. Mieux gérer les convoitises diverses et variées qui gangrènent le continent. Convoitises liées à la terre, à l’eau, aux hydrocarbures, aux resources minières, forestières, halieutiques et fauniques. Dans un contexte de changement climatique et de croissance démographique explosive, combinés à une faible gouvernance politique, économique et sociale, les ingrédients sont réunis pour une situation complexe. Aujourd’hui, les risques sécuritaires les plus élevés dans le monde (et en Afrique) ne sont plus les conflits armés entre nations ennemies. Nous ne sommes plus dans un contexte de rivalité Est-Ouest, de décolonisation ou de guerres de libération. Aujourd’hui, parmi les premières causes d’insécurité figure la détérioration de l’environnement. On se tue pour l’accès à un lopin de terre fertile, à un point d’eau ou à un pâturage. L’instabilité s’installe dans certains pays riches en ressources naturelles, maintenant ainsi leurs populations dans une pauvreté absolue, comme si quelqu’un avait décidé, avec un dessein plus ou moins avoué, que plus le pays africain est riche, plus ses populations doivent rester dans la pauvreté. Certains évoquent -non sans me révolter profondément- le concept de malédiction des ressources. Cependant, si le concept d’insécurité a changé de centre de gravité, notre réponse est restée largement figée dans le temps ; par conséquent, souvent mal adaptée. On le voit chaque jour, par la fermeture des opérations de maintien de la paix (alors qu’il n’y a point de paix), le retrait de troupes étrangères venues en masse, avec la meilleure volonté du monde. On le voit par l’inadaptation des réponses offertes par nos forces de défense nationales, parfois mal formées aux situations conflictuelles asymétriques. On le voit aussi par l’inadaptation des réponses des Etats aux nombreux défis environnementaux, dont les départements chargés de l’environment disposent de budgets faméliques et de ressources inadéquates. Si les causes profondes de notre maladie sont liées à l’environnement, pourquoi donc la gestion des resources naturelles continue d’être ignorée dans les accords de paix ou dans les manifestes de partis et d’élus politiques ? Pourquoi les budgets, ressources et politiques relatifs à la gestion des resources naturelles continuent de figurer en filigrane ? Comment peut-on soigner un malade dont le diagnostic continue d’être faussé ? Les meilleurs médecins de brousse n’étant pas forcément de bons mages, il est essentiel que le patient joue à la transparence. Vous me permettrez de citer deux cas de figure pour illustrer mes propos : Première illustration : la rareté des ressources comme source de conflit. Dans son rapport sur le pastoralisme et la sécurité, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel[1] confirme que la compétition croissante pour l'accès à l'eau et aux pâturages est l'un des principaux moteurs des conflits dans la sous-région. Au départ, l’on assiste à une compétition classique entre usagers de la nature : agriculteurs et éleveurs. A l’arrivée, l’on peut faire face à un conflit inter-ethnique. Non, les Peuls et les Dogons ne sont pas des ennemis. Pas plus que les Haoussa et les Touaregs ; les Toubous et les Djerma. Bien au contraire, ces groupes avaient en fait, depuis des siècles, pacifié leurs relations grâce à la puissante « parenté à plaisanterie », introduite au début du 13è siècle par le régime de Soundiata Keita. Des pactes sacrés et des actes concrets étaient institutionnalisés pour ne jamais verser le sang de son « cousin à plaisanterie ». Malheureusement, les points de rupture écologiques ont été atteints depuis longtemps, et ces compétitions pour l’accès à la terre et à l’eau s’amplifient, prenant parfois des dimensions confessionnelles. Mal gérés, ils alimentent les rhétoriques de mouvements Jihadistes, dont certains reprochent aux Etats de prendre partie. Là aussi, il est à craindre que nous déployons des réponses mal adaptées aux défis. Le Sahel est d’abord et avant tout malade de l’effrondrement du vivant. Les causes des conflits évoluent donc, nos réponses ne le sont pas. La rareté des ressources naturelles n’est pas la seule cause de conflits dans nos régions. Hélas, autre signe de mauvaise gouvernance, l’abondance des ressources est aussi un germe dévastateur. Les ressources minières, les hydrocarbures, les ressources fauniques, halieutiques et forestières attisent d’énormes convoitises. Et cela n’a rien de récent. Déjà en 1885, la conférence de Berlin consacrait le dépècement de l’Afrique par huit puissances européennes. Les indépendances politiques des Etats modernes n’ont pu se défaire d’un joug économique bien établi, basé essentiellement sur l’extraction. Ces convoitises prennent de l’ampleur avec l’avénement de l’économie-monde, avec de nouveaux venus sur la scène, qui cherchent aussi une place au soleil. Un rapport stratégique conjoint de l’UNEP et d’INTERPOL sur l’environnement, la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo [2], note que des criminels exploitent illégalement les ressources naturelles, y compris l'or, le coltan et les diamants. Plus grave, ces exploitants illégaux financent divers groupes armés non-étatiques qui se battent entre eux, de telle sorte qu’aucun groupe ne domine l’autre. Une façon de perpétuer le chaos et, par conséquent l’exploitation abusive des ressources. Le rapport estime qu'au moins 40 % des conflits internes sont liés aux ressources naturelles. La criminalité environnementale ne peut être combattue de manière isolée. Pour lutter contre ces crimes organisés, de loin les plaies les plus profondes infligées à l’économie africaine, les réponses doivent être multi-formes, organisées et bien coordonnées. Pour être efficace, une telle lutte nécessite un effort global et coopératif. Cela exigera également une réponse plus large de la part de la communauté internationale, mais surtout des pays concernés. L’abondance comme la rareté des ressources ne doivent pas être des fatalités. Ni l’une ni l’autre ne devrait constituer une menace sérieuse à la paix et à la sécurité. En fait, elles ne le sont que lorsque la gouvernance est défaillante. Parlant des réponses à ces crises, empruntons une analogie médicale : ne vaut-il pas mieux chercher les causes profondes de la maladie, plutôt que de prodiguer un traitement symptomatique superficiel ? Jusque-là, les réponses militaires ont été privilégiées– y compris au Sahel. Nul doute que les vaillantes forces armées sont nécessaires, mais elles ne peuvent demeurer la seule réponse, face aux urgences climatiques, aux pénuries d’eau, aux déficits alimentaires et à la pauvreté. L’on ne tire pas une balle sur un feu de brousse si l’on veut l’éteindre. La Police n’arrêtera ni un vent de sable, ni un ouragan. Pour lutter contre l’élévation du niveau de la mer qui menace des millions de citoyens, la solution est à chercher du côté de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ou tout au moins des techniques d’adaptation au changement climatique. Le développement durable et la sécurité humaine sont comme des siamois. Inséparables, ils sont complémentaires. Le développement n’est point envisageable sans la sécurité. De même, il n’y a point de sécurité sans une gestion durable de nos ressources naturelles. Permettez-moi, pour conclure, d’en dire un mot sur l’immigration clandestine, une de nos plaies ouvertes et cause d’une grave insécurité humaine. Si ce phénomène est aussi ancien que l’humanité, les récentes vagues de départs non-organisés sont autant socialement douloureuses qu’elles ne sont économiquement pénibles. Les pertes des moyens de production dues à la dégradation des terres agricoles et pastorales ou à la sur-exploitation des pêcheries ont jeté des millions de jeunes sur des routes périlleuses. Ces départs, vers des destinations de plus en plus lointaines, sont d’abord des fuites de cerveaux ou de bras valides. Certains, mais une minorité de plus en plus réduite, s’en sortent. La majorité n’y parviennent pas. Là aussi, certains pays de destination ont adopté la politique du tout-sécuritaire, allant jusqu’à construire des murs, physiques ou virtuels. Nous pensons que l’une des meilleures solutions seraient d’investir sur les zones et pays d’émigration, sur la restauration des terres dégradées, afin de permettre une production décente et sécurisante pour les familles. De Antananarivo à Tanger, de Djibouti à Dakar, de Luanda à Mombasa, l’Afrique regorge de ressources, de solutions et d’opportunités. Ne manquant ni de terre ni de soleil, ni de bras ni de génie, l’Afrique est comme ce fruit mûr qui demande à être cueilli. Dans un monde assailli par de féroces compétitions, l’Afrique doit s’inventer des solutions favorables à son développement et s’affranchir d’un joug politique et économique qui n’a que trop durer. Je vous remercie. [1] Pastoralisme et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel Vers une coexistence pacifique Etude du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) Aout 2018 https://unowas.unmissions.org/sites/default/files/rapport_pastoralisme_fr-avril_2019_-_online.pdf [2] INTERPOL-UN Environment (2016). Strategic Report: Environment, Peace and Security – A Convergence of Threats https://wedocs.unep.org/handle/20.500.11822/17008;jsessionid=2EAB6CD7FA6C6DB77CC024356BEC658C