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Des données sur la sécheresse révèlent "une crise sans précédent à l'échelle planétaire" selon l’ONU

La CNULCD publie le rapport "Global Drought Snapshot" (Aperçu mondial de la sécheresse) lors de la COP28 en collaboration avec l'Alliance internationale pour la résilience face à la sécheresse (IDRA)   Des données récentes sur la sécheresse, basées sur des recherches effectuées au cours des deux dernières années et compilées par les Nations unies, font état d'une "crise sans précédent à l'échelle planétaire, où les effets dévastateurs des sécheresses provoquées par l'homme commencent seulement à se manifester". Selon le rapport « Global Drought Snapshot » (Aperçu mondial de la sécheresse), lancé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) au début des négociations sur le climat de la COP28 aux Émirats arabes unis, peu de risques, pour ne pas dire aucun, font plus de victimes, causent plus de pertes économiques et touchent plus de secteurs de la société que la sécheresse. La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification est l'une des trois conventions créées lors du Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro. Les deux autres portent sur le changement climatique (CCNUCC) et la biodiversité (CDB). Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, explique : « Contrairement à d'autres catastrophes qui attirent l'attention des médias, les sécheresses se produisent silencieusement, passant souvent inaperçues et ne provoquant pas de réaction publique et politique immédiate. Cette destruction silencieuse alimente une spirale de négligence, laissant les populations touchées porter ce fardeau de manière isolée. » « Le rapport Global Drought Snapshot (Aperçu mondial de la sécheresse), en dit long sur l'urgence de cette crise et sur le renforcement de la résilience mondiale face à celle-ci. Alors que la fréquence et la gravité des épisodes de sécheresse augmente, que le niveau des réservoirs et des rendements agricoles diminue, et que la perte de diversité biologique et la propagation des famines continue, un changement transformationnel s'impose ».   « Nous espérons que cette publication servira de signal d'alarme. » Quelques éléments clés sur la sécheresse : 15-20% : Population de la Chine confrontée à des sécheresses modérées à sévères plus fréquentes au cours de ce siècle (Yin et al., 2022) 80% : Augmentation prévue de l'intensité des sécheresses en Chine d'ici 2100 (Yin et al., 2022) 23 millions : Personnes en situation d'insécurité alimentaire grave dans la Corne de l'Afrique en décembre 2022 (PAM, 2023) 5% : Zone des États-Unis contigus souffrant d'une sécheresse sévère à extrême (indice de sécheresse Palmer) en mai 2023 (NOAA, 2023) 78 : Nombre d'années écoulées avant que la sécheresse ne soit aussi grave dans le bassin de La Plata (Brésil-Argentine) en 2022, réduisant la production agricole et affectant les marchés mondiaux des cultures (OMM, 2023a) 630 000 km2 (à peu près la superficie combinée de l'Italie et de la Pologne) : Étendue de l'Europe touchée par la sécheresse en 2022 alors qu'elle a connu son été le plus chaud et la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, soit près de quatre fois la moyenne de 167 000 km2 touchés entre 2000 et 2022 (AEE, 2023). 500 : années écoulées depuis que l'Europe a connu pour la dernière fois une sécheresse aussi grave qu'en 2022 (Forum économique mondial, 2022) 170 millions : personnes qui devraient connaître une sécheresse extrême si les températures moyennes mondiales augmentent de 3°C par rapport aux niveaux préindustriels, soit 50 millions de plus que prévu si le réchauffement est limité à 1,5°C (GIEC, 2022) Agriculture et forêts 70% : Cultures céréalières endommagées par la sécheresse en Méditerranée, 2016-2018 33 % : perte de pâturages en Afrique du Sud en raison de la sécheresse (Ruwanza et al., 2022) Double ou triple : pertes forestières attendues dans la région méditerranéenne en cas de réchauffement de 3°C par rapport au risque actuel (Rossi et al., 2023) 5 : Défaillances consécutives de la saison des pluies dans la Corne de l'Afrique, provoquant la pire sécheresse de la région depuis 40 ans (l'Éthiopie, le Kenya et la Somalie étant particulièrement touchés), contribuant à la réduction de la productivité agricole, à l'insécurité alimentaire et à la hausse des prix des denrées alimentaires (OMM, 2023). 73 000 km2 : superficie moyenne des terres cultivées de l'UE (ou ~5%) touchée par la sécheresse, 2000-2022, contribuant à de mauvaises récoltes (AEE, 2023). 70 milliards de dollars : pertes économiques liées à la sécheresse en Afrique au cours des 50 dernières années (OMM, 2022). 44% : Baisse attendue de la production de soja en Argentine en 2023 par rapport aux cinq dernières années, la récolte la plus faible depuis 1988/89, contribuant à une baisse estimée à 3% du PIB de l'Argentine pour 2023 (EU Science Hub, 2023) État des eaux 75% : Réduction de la capacité de chargement de certains navires sur le Rhin en raison du faible niveau du fleuve en 2022, entraînant d'importants retards dans les arrivées et les départs des navires (Forum économique mondial, 2022). 5 millions de personnes : Personnes du sud de la Chine touchées par la baisse record des niveaux d'eau dans le fleuve Yangtze en raison de la sécheresse et de la chaleur prolongée (OMM, 2023a) 2 000 : Arriérés de barges sur le fleuve Mississippi à la fin de 2022 en raison des faibles niveaux d'eau, causant 20 milliards de dollars de perturbations de la chaîne d'approvisionnement et d'autres dommages économiques (Forum économique mondial, 2022) 2 à 5 fois : Accélération des taux à long terme de baisse du niveau des eaux souterraines et de dégradation de la qualité de l'eau dans les bassins de la vallée centrale de la Californie au cours des 30 dernières années en raison du pompage induit par la sécheresse (Levy et al., 2021) Dimensions sociales 85% : Personnes touchées par la sécheresse qui vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (Banque mondiale, 2023) 15 fois : Probabilité accrue d'être tué par des inondations, des sécheresses et des tempêtes dans les régions très vulnérables par rapport aux régions très peu vulnérables, 2010 à 2020 (GIEC, 2023) 1,2 million : Personnes dans le couloir sec d'Amérique centrale ayant besoin d'une aide alimentaire après cinq années de sécheresse, de vagues de chaleur et de précipitations imprévisibles (PNUE, 2022) Remèdes Jusqu'à 25% : Émissions de CO2 qui pourraient être compensées par des solutions basées sur la nature, y compris la restauration des terres (Pan et al., 2023) Près de 100% : Réduction de la conversion des forêts mondiales et des terres naturelles pour l'agriculture si seulement la moitié des produits animaux tels que le porc, le poulet, le bœuf et le lait consommés aujourd'hui étaient remplacés par des alternatives durables (Carbon Brief, 2023). 20 à 50% : Réduction potentielle du gaspillage d'eau si les systèmes d'arrosage conventionnels étaient remplacés par la micro-irrigation (goutte-à-goutte), qui fournit l'eau directement aux racines des plantes (STEM Writer, 2022). 20% : Les zones terrestres et maritimes de l'UE doivent faire l'objet de mesures de restauration d'ici 2030, et des mesures doivent être mises en place pour tous les écosystèmes nécessitant une restauration d'ici 2050 (Conseil européen, 2023). 2 milliards de dollars : investissement de l'AFR100 dans des organisations, des entreprises et des projets gouvernementaux africains, annoncé cette année, avec des investissements supplémentaires prévus de 15 milliards de dollars pour favoriser la restauration de 20 millions d'hectares de terres d'ici 2026, générant des bénéfices estimés à 135 milliards de dollars pour environ 40 millions de personnes. (Hess, 2021) 6 : Pays riverains (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Mali et Togo) participant au projet de gestion des inondations et de la sécheresse dans le bassin de la Volta, la première mise en œuvre transfrontalière à grande échelle de stratégies de gestion intégrée des inondations et de la sécheresse, y compris un système d'alerte précoce de bout en bout pour la prévision des inondations et la prévision de la sécheresse (Deltares, 2023). ~45% : Pertes mondiales liées aux catastrophes assurées en 2020, contre 40% entre 1980 et 2018. Toutefois, la couverture d'assurance contre les catastrophes reste très faible dans de nombreux pays en développement (UNDRR, 2022). 50 km : La résolution des cartes de distribution de l'eau grâce à une méthode récemment développée pour combiner les mesures satellitaires avec des données météorologiques à haute résolution, une amélioration majeure par rapport à la résolution précédente de 300 kilomètres (Gerdener et al., 2023). Le rapport a été dévoilé lors d'un événement de haut niveau avec l'Alliance internationale pour la résilience face à la sécheresse (IDRA) à Dubaï (retransmission sur www.youtube.com/@THEUNCCD, 16h00 heure de Dubaï / 12h00 GMT.  Il fait partie de la série de dialogues sur les terres et la sécheresse organisés par la CNULCD lors de la COP28 : https://bit.ly/3Gh7GZd). Lancée par les dirigeants de l'Espagne et du Sénégal lors de la COP27, IDRA est la première coalition mondiale à créer une politique dynamique et à mobiliser des ressources financières et techniques pour un avenir résilient à la sécheresse. L'Australie, la Colombie, l'Italie et l'Union des Comores, ainsi que le Secrétariat du Commonwealth et d'autres grandes organisations internationales, sont annoncés à la COP28 comme de nouveaux membres de l'IDRA, ce qui porte le nombre total de membres de l'Alliance à 34 pays et 28 entités. Autres points forts du rapport : Plusieurs conclusions de ce rapport soulignent que la restauration des terres, la gestion durable des terres et les pratiques agricoles respectueuses de la nature sont des aspects essentiels du renforcement de la résilience à la sécheresse dans le monde. En adoptant des techniques agricoles respectueuses de la nature, telles que des cultures résistantes à la sécheresse, des méthodes d'irrigation efficaces, le semis direct et d'autres pratiques de conservation des sols, les agriculteurs peuvent réduire l'impact de la sécheresse sur leurs cultures et leurs revenus. Une gestion efficace de l'eau est un autre élément clé de la résilience à la sécheresse dans le monde. Il s'agit notamment d'investir dans des systèmes d'approvisionnement en eau durables, de prendre des mesures de conservation et de promouvoir des technologies économes en eau. La préparation aux catastrophes et les systèmes d'alerte précoce sont également essentiels pour la résilience à la sécheresse au niveau mondial. Investir dans la surveillance météorologique, la collecte de données et les outils d'évaluation des risques peut aider à réagir rapidement aux situations d'urgence liées à la sécheresse et à en minimiser les conséquences. Le renforcement de la résilience face à la sécheresse dans le monde passe par la coopération internationale, le partage des connaissances et la justice environnementale et sociale. « Plusieurs pays connaissent déjà des famines provoquées par le changement climatique », indique le rapport. « Les migrations forcées augmentent à l'échelle mondiale, les conflits violents liés à l'eau se multiplient et la base écologique qui permet toute vie sur terre s'érode plus rapidement qu'à n'importe quel moment de l'histoire de l'humanité. » « Nous n'avons pas d'autre choix que d'aller de l'avant en respectant les limites de la planète et les interdépendances de toutes les formes de vie. Nous devons parvenir à des accords mondiaux contraignants sur les mesures proactives qui doivent être prises par les nations pour réduire les périodes de sécheresse. » « Moins le monde humain développé occupera d'espace, plus les cycles hydrologiques naturels resteront intacts. Restaurer, reconstruire et revitaliser tous les paysages que nous avons dégradés et détruits est l'impératif de notre époque. L'intensification urbaine, la planification familiale active et la limitation de la croissance démographique rapide sont des conditions préalables à un développement sociétal respectueux des limites planétaires. » A propos La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est un accord international sur la bonne gestion des terres. Elle aide les personnes, les communautés et les pays à créer des richesses, à développer l'économie et à garantir une alimentation suffisante, de l'eau propre et de l'énergie en garantissant aux utilisateurs des terres un environnement propice à la gestion durable des terres. Grâce à des partenariats, les 197 parties à la convention mettent en place des systèmes solides pour gérer la sécheresse rapidement et efficacement. Une bonne gestion des terres fondée sur des politiques et des connaissances scientifiques solides contribue à intégrer et à accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, à renforcer la résilience au changement climatique et à prévenir la perte de biodiversité.

Des données sur la sécheresse révèlent "une crise sans précédent  à l'échelle planétaire" selon l’ONU
La CNULCD et ses partenaires accueilleront le tout premier Pavillon « Terre et Sécheresse » à la COP28

Le pavillon « Terre et Sécheresse » sera installé dans la zone bleue / « Opportunities Petal » du 1er au 10 décembre. Bonn (Allemagne), 23/11/2023 - Pour marquer sa présence à la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP28), la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) accueillera le tout premier Pavillon « Terre et Sécheresse » avec ses deux initiatives phares : l'Initiative mondiale pour la terre du G20 et l'Alliance internationale pour la résilience à la sécheresse (IDRA), ainsi que ses partenaires, le Programme arabe du Golfe pour le développement (AGFUND) et la Banque arabe pour le développement économique de l'Afrique (BADEA). Du 1er au 10 décembre, le pavillon organisera un large éventail de dialogues de haut niveau, de sessions de présentation de projets innovants et de discussions interactives soulignant l'importance des terres saines en tant que solution climatique, ainsi que le besoin urgent de renforcer la résilience à la sécheresse. La CNULCD lancera également son rapport « Drought in Numbers 2023 » (La sécheresse en chiffres 2023) et annoncera la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse de l'année prochaine, qui marquera le 30e anniversaire de la Convention. Toutes les sessions seront ouvertes aux délégués accrédités de la COP28 et se tiendront dans la zone bleue / Opportunities Petal, Thematic Arena 4, 1er étage, stand 205 et seront retransmises en direct sur les canaux YouTube et Facebook de la CNULCD. Parmi les points forts du programme, citons : Le dialogue d'ouverture, « Inscrire les terres et la sécheresse à l'ordre du jour des négociations sur le climat », le 1er décembre, réunira des partenaires et des experts pour discuter des résultats attendus des conversations sur les terres et la sécheresse lors de la COP28. L'événement de haut niveau de l'Alliance internationale pour la résilience à la sécheresse, coprésidé par les dirigeants espagnols et sénégalais le 1er décembre, verra le lancement du rapport « Drought in Numbers 2023 » (La sécheresse en chiffres 2023). L'IDRA accueillera également de nouveaux pays membres et fera le point sur les progrès réalisés jusqu'à présent. Un événement de haut niveau intitulé « Rio Conventions on the Road to 2024 » (Les conventions de Rio en route vers 2024) réunira les dirigeants des trois conventions de Rio : la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et la CNULCD. Un dialogue de haut niveau sur les droits fonciers des femmes sera organisé le 4 décembre, qui coïncidera également avec la Journée de l'égalité des sexes à la COP28. Le 6 décembre, plusieurs start-ups se réuniront dans le Pavillon pour présenter leurs innovations en matière de restauration des terres, sous la forme d'un hackathon. Une session de haut niveau aura lieu le 9 décembre, au cours de laquelle la Convention annoncera le pays hôte de la prochaine Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, le 17 juin 2024. Des représentants de haut niveau du pays et de la ville hôtes sont attendues.  Des dialogues présidés par des jeunes, y compris des panels sur l'autonomisation de l'éco-entreprenariat féminin et un dialogue intergénérationnel « Youth4Land ». Une réception de « délices sèches » sera organisée le dernier jour du pavillon (10 décembre). Des experts présenteront des aliments résistants à la sécheresse, notamment des lentilles d'eau, en expliquant le processus de production, en présentant aux participants leurs avantages nutritionnels et en donnant au public l'occasion de les déguster. Notes aux rédacteurs Le programme détaillé et les horaires sont disponibles à l'adresse suivante : /cop28pavilion Les temps forts quotidiens des sessions seront disponibles sur le site web de la CNULCD. Les supports visuels sont disponibles ici : https://trello.com/b/6EexwgYj/unccd-cop28-dubai-2023 Pour plus d'informations sur la présence de la CNULCD à la COP28 et pour toute autre question relative aux médias, veuillez contacter press@unccd.int et/ou unccd@portland-communications.com. À propos de la CNULCD La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiale pour la terre. Elle rassemble les gouvernements, les scientifiques, les décideurs, le secteur privé et les communautés autour d'une vision commune et d'une action mondiale visant à restaurer et à gérer les terres du monde pour la durabilité de l'humanité et de la planète. Bien plus qu'un traité international signé par 197 parties, la CNULCD est un engagement multilatéral visant à atténuer les effets actuels de la dégradation des terres et à promouvoir la gestion des terres de demain afin de fournir de la nourriture, de l'eau, un abri et des opportunités économiques à toutes les personnes de manière équitable et inclusive.

La CNULCD et ses partenaires accueilleront le tout premier Pavillon « Terre et Sécheresse » à la COP28
Notes de M. Ibrahim Thiaw à l’occasion du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique

Excellences, Mesdames et Messieurs, « Pour une Afrique résiliante et démocratique : approche intégrée face à l’instabilité récurrente et aux fragilités institutionnelles ». Choix de thème ne pouvait être plus judicieux. Riche mais pauvre. Plusieurs intervenants ont déjà mis l’accent sur ce paradoxe vécu en Afrique. En Afrique, on parle de potentialités et d’opportunités. En Afrique, on aspire à transformer l’essai, c’est-à-dire à dépasser la phase de transition et mouvoir vers la pleine valorisation des richesses naturelles. Construire une Afrique résiliante et démocratique, suggère d’adopter une approche sécuritaire plus intégrée et adresser véritablement les causes profondes du mal africain. Mieux gérer les convoitises diverses et variées qui gangrènent le continent. Convoitises liées à la terre, à l’eau, aux hydrocarbures, aux resources minières, forestières, halieutiques et fauniques. Dans un contexte de changement climatique et de croissance démographique explosive, combinés à une faible gouvernance politique, économique et sociale, les ingrédients sont réunis pour une situation complexe.  Aujourd’hui, les risques sécuritaires les plus élevés dans le monde (et en Afrique) ne sont plus les conflits armés entre nations ennemies. Nous ne sommes plus dans un contexte de rivalité Est-Ouest, de décolonisation ou de guerres de libération. Aujourd’hui, parmi les premières causes d’insécurité figure la détérioration de l’environnement. On se tue pour l’accès à un lopin de terre fertile, à un point d’eau ou à un pâturage. L’instabilité s’installe dans certains pays riches en ressources naturelles, maintenant ainsi leurs populations dans une pauvreté absolue, comme si quelqu’un avait décidé, avec un dessein plus ou moins avoué, que plus le pays africain est riche, plus ses populations doivent rester dans la pauvreté. Certains évoquent -non sans me révolter profondément- le concept de malédiction des ressources.   Cependant, si le concept d’insécurité a changé de centre de gravité, notre réponse est restée largement figée dans le temps ; par conséquent, souvent mal adaptée. On le voit chaque jour, par la fermeture des opérations de maintien de la paix (alors qu’il n’y a point de paix), le retrait de troupes étrangères venues en masse, avec la meilleure volonté du monde. On le voit par l’inadaptation des réponses offertes par nos forces de défense nationales, parfois mal formées aux situations conflictuelles asymétriques. On le voit aussi par l’inadaptation des réponses des Etats aux nombreux défis environnementaux, dont les départements chargés de l’environment disposent de budgets faméliques et de ressources inadéquates.   Si les causes profondes de notre maladie sont liées à l’environnement, pourquoi donc la gestion des resources naturelles continue d’être ignorée dans les accords de paix ou dans les manifestes de partis et d’élus politiques ? Pourquoi les budgets, ressources et politiques relatifs à la gestion des resources naturelles continuent de figurer en filigrane ? Comment peut-on soigner un malade dont le diagnostic continue d’être faussé ? Les meilleurs médecins de brousse n’étant pas forcément de bons mages, il est essentiel que le patient joue à la transparence. Vous me permettrez de citer deux cas de figure pour illustrer mes propos : Première illustration : la rareté des ressources comme source de conflit. Dans son rapport sur le pastoralisme et la sécurité, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel[1] confirme que la compétition croissante pour l'accès à l'eau et aux pâturages est l'un des principaux moteurs des conflits dans la sous-région. Au départ, l’on assiste à une compétition classique entre usagers de la nature : agriculteurs et éleveurs. A l’arrivée, l’on peut faire face à un conflit inter-ethnique. Non, les Peuls et les Dogons ne sont pas des ennemis. Pas plus que les Haoussa et les Touaregs ; les Toubous et les Djerma. Bien au contraire, ces groupes avaient en fait, depuis des siècles, pacifié leurs relations grâce à la puissante « parenté à plaisanterie », introduite au début du 13è siècle par le régime de Soundiata Keita. Des pactes sacrés et des actes concrets étaient institutionnalisés pour ne jamais verser le sang de son « cousin à plaisanterie ».   Malheureusement, les points de rupture écologiques ont été atteints depuis longtemps, et ces compétitions pour l’accès à la terre et à l’eau s’amplifient, prenant parfois des dimensions confessionnelles. Mal gérés, ils alimentent les rhétoriques de mouvements Jihadistes, dont certains reprochent aux Etats de prendre partie. Là aussi, il est à craindre que nous déployons des réponses mal adaptées aux défis. Le Sahel est d’abord et avant tout malade de l’effrondrement du vivant.   Les causes des conflits évoluent donc, nos réponses ne le sont pas. La rareté des ressources naturelles n’est pas la seule cause de conflits dans nos régions. Hélas, autre signe de mauvaise gouvernance, l’abondance des ressources est aussi un germe dévastateur.   Les ressources minières, les hydrocarbures, les ressources fauniques, halieutiques et forestières attisent d’énormes convoitises. Et cela n’a rien de récent. Déjà en 1885, la conférence de Berlin consacrait le dépècement de l’Afrique par huit puissances européennes. Les indépendances politiques des Etats modernes n’ont pu se défaire d’un joug économique bien établi, basé essentiellement sur l’extraction. Ces convoitises prennent de l’ampleur avec l’avénement de l’économie-monde, avec de nouveaux venus sur la scène, qui cherchent aussi une place au soleil. Un rapport stratégique conjoint de l’UNEP et d’INTERPOL sur l’environnement, la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo [2], note que des criminels exploitent illégalement les ressources naturelles, y compris l'or, le coltan et les diamants. Plus grave, ces exploitants illégaux financent divers groupes armés non-étatiques qui se battent entre eux, de telle sorte qu’aucun groupe ne domine l’autre. Une façon de perpétuer le chaos et, par conséquent l’exploitation abusive des ressources. Le rapport estime qu'au moins 40 % des conflits internes sont liés aux ressources naturelles. La criminalité environnementale ne peut être combattue de manière isolée. Pour lutter contre ces crimes organisés, de loin les plaies les plus profondes infligées à l’économie africaine, les réponses doivent être multi-formes, organisées et bien coordonnées.  Pour être efficace, une telle lutte nécessite un effort global et coopératif. Cela exigera également une réponse plus large de la part de la communauté internationale, mais surtout des pays concernés. L’abondance comme la rareté des ressources ne doivent pas être des fatalités. Ni l’une ni l’autre ne devrait constituer une menace sérieuse à la paix et à la sécurité. En fait, elles ne le sont que lorsque la gouvernance est défaillante. Parlant des réponses à ces crises, empruntons une analogie médicale : ne vaut-il pas mieux chercher les causes profondes de la maladie, plutôt que de prodiguer un traitement symptomatique superficiel ? Jusque-là, les réponses militaires ont été privilégiées– y compris au Sahel. Nul doute que les vaillantes forces armées sont nécessaires, mais elles ne peuvent demeurer la seule réponse, face aux urgences climatiques, aux pénuries d’eau, aux déficits alimentaires et à la pauvreté.   L’on ne tire pas une balle sur un feu de brousse si l’on veut l’éteindre. La Police n’arrêtera ni un vent de sable, ni un ouragan. Pour lutter contre l’élévation du niveau de la mer qui menace des millions de citoyens, la solution est à chercher du côté de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ou tout au moins des techniques d’adaptation au changement climatique. Le développement durable et la sécurité humaine sont comme des siamois. Inséparables, ils sont complémentaires. Le développement n’est point envisageable sans la sécurité. De même, il n’y a point de sécurité sans une gestion durable de nos ressources naturelles.   Permettez-moi, pour conclure, d’en dire un mot sur l’immigration clandestine, une de nos plaies ouvertes et cause d’une grave insécurité humaine. Si ce phénomène est aussi ancien que l’humanité, les récentes vagues de départs non-organisés sont autant socialement douloureuses qu’elles ne sont économiquement pénibles. Les pertes des moyens de production dues à la dégradation des terres agricoles et pastorales ou à la sur-exploitation des pêcheries ont jeté des millions de jeunes sur des routes périlleuses. Ces départs, vers des destinations de plus en plus lointaines, sont d’abord des fuites de cerveaux ou de bras valides. Certains, mais une minorité de plus en plus réduite, s’en sortent. La majorité n’y parviennent pas. Là aussi, certains pays de destination ont adopté la politique du tout-sécuritaire, allant jusqu’à construire des murs, physiques ou virtuels. Nous pensons que l’une des meilleures solutions seraient d’investir sur les zones et pays d’émigration, sur la restauration des terres dégradées, afin de permettre une production décente et sécurisante pour les familles. De Antananarivo à Tanger, de Djibouti à Dakar, de Luanda à Mombasa, l’Afrique regorge de ressources, de solutions et d’opportunités. Ne manquant ni de terre ni de soleil, ni de bras ni de génie, l’Afrique est comme ce fruit mûr qui demande à être cueilli. Dans un monde assailli par de féroces compétitions, l’Afrique doit s’inventer des solutions favorables à son développement et s’affranchir d’un joug politique et économique qui n’a que trop durer.   Je vous remercie. [1] Pastoralisme et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel Vers une coexistence pacifique Etude du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) Aout 2018 https://unowas.unmissions.org/sites/default/files/rapport_pastoralisme_fr-avril_2019_-_online.pdf [2] INTERPOL-UN Environment (2016). Strategic Report: Environment, Peace and Security – A Convergence of Threats https://wedocs.unep.org/handle/20.500.11822/17008;jsessionid=2EAB6CD7FA6C6DB77CC024356BEC658C  

Notes de M. Ibrahim Thiaw à l’occasion du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique
Healthy land crucial for global climate, security and prosperity

Samarkand, 17 November 2023 – Halting and reversing rapid land loss around the world is key for addressing global challenges of climate change, food and water security, and forced migration, concluded the five-day conference of the UN Convention to Combat Desertification (UNCCD). The 21st session of the Committee to Review the Implementation of the Convention (CRIC21) was hosted by the Government of Uzbekistan in Samarkand from 13-17 November, bringing together some 1,000 delegates from 117 countries representing governments, civil society and academia. The meeting marked a halfway checkpoint towards reaching the global goal to end land loss by 2030. It also focused on tackling worsening sand and dust storms and droughts, in the region and beyond, and empowering women in land restoration efforts. UNCCD Executive Secretary Ibrahim Thiaw said: “Land degradation and drought are disruptors, wreaking havoc on societies and people’s lives, and throwing millions on the dangerous roads of migration. We must urgently scale up investment in land restoration to ensure stability and prosperity for billions of people around the world.” The meeting convened against the backdrop of new UNCCD data collected from 126 countries, indicating that some 420 million hectares, an area roughly the size of Central Asia, were degraded between 2015-2019. If current trends persist, a staggering 1.5 billion hectares of land will need to be restored by 2030 to reach global goals. Commenting on the outcomes of CRIC21, Biljana Kilibarda, CRIC Chair, said: “Convening for the first time in Central Asia, this meeting was an opportunity to put stronger emphasis on the relevance of problems of land degradation and drought to the whole region and the role of international cooperation in solving them. We reviewed the progress in the implementation of the Convention and provided recommendations to accelerate our efforts.” On 15 November, the Government of Uzbekistan convened a high-level event on sand and dust storms. According to UNCCD experts, more than 2 billion tonnes of sand and dust enter the atmosphere every year, with far-reaching implications for economies, human health, and even security. Obidjon Kudratov, First Deputy Minister of Ecology, Environmental Protection and Climate Change of Uzbekistan, commented: “This high-level event brought recognition of sand and dust storms as a global problem.” He also noted that the Central Asian region is losing US$ 6 billion a year to land degradation. For the first time, a two-part Gender Caucus convened during CRIC to advance the implementation of the Convention’s Gender Action Plan, and bolster women’s engagement in land restoration and drought resilience efforts. CRIC21 recommendations will inform decision-making by the Convention’s 196 country Parties and the European Union ahead of the next UNCCD Conference of the Parties (COP), to be held in Riyadh, Saudi Arabia, in December 2024. UNCCD is one of three Conventions originated at the 1992 Earth Summit in Rio de Janeiro alongside climate change (UNFCCC) and biodiversity (CBD). CRIC21 convened just under two weeks before the start of the UNFCCC COP28 in Dubai, UAE. “We are in a vicious circle, where land degradation is fueling climate change and climate change is exacerbating land loss in the world. Our message to COP28 is clear: we are only resilient to climate change as our land is,” concluded Thiaw.   Notes to editors For interviews and enquires please contact: press@unccd.int and/or unccd@portland-communications.com More information about the 21st session of the UNCCD Committee on the Review of the Implementation of the Convention (CRIC21): https://www.unccd.int/cric21 About UNCCD The United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD) is the global vision and voice for land. We unite governments, scientists, policymakers, private sector and communities around a shared vision and global action to restore and manage the world’s land for the sustainability of humanity and the planet. Much more than an international treaty signed by 197 parties, UNCCD is a multilateral commitment to mitigating today’s impacts of land degradation and advancing tomorrow’s land stewardship in order to provide food, water, shelter and economic opportunity to all people in an equitable and inclusive manner.

Healthy land crucial for global climate, security and prosperity
La fréquence des tempêtes de sable et de poussière augmente dans de nombreuses régions du monde, avertit l'ONU

Deux milliards de tonnes de sable et de poussière, soit le poids de 350 grandes pyramides de Gizeh, pénètrent dans l'atmosphère chaque année ; les experts de la CNULCD attribuent plus de 25 % du problème aux activités humaines. Les ravages s'étendent de l'Asie septentrionale et centrale à l'Afrique subsaharienne ; les effets sur la santé sont mal connus. Les tempêtes de sable et de poussière sont un problème sous-estimé dont la fréquence a dramatiquement augmenté dans certaines régions du monde, et au moins 25% de ce phénomène est imputable aux activités humaines selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Accompagné de recommandations politiques, cet avertissement intervient alors qu'une réunion de cinq jours se tient à Samarkand, en Ouzbékistan, pour faire le point sur les progrès accomplis au niveau mondial dans la mise en oeuvre de la convention. La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est l'une des trois conventions créées lors du Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro. Les deux autres portent sur le changement climatique (CCNUCC) et la biodiversité (CDB). La réunion, qui se tient du 13 au 17 novembre (https://www.unccd.int/cric21), comprend une session de haut niveau le 15 novembre, organisée par le gouvernement de l'Ouzbékistan, sur les moyens de faire face aux impacts des tempêtes de sable et de poussière sur l'agriculture mondiale, l'industrie, les transports, la qualité de l'eau et de l'air ainsi que sur la santé humaine. Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, a déclaré à ce sujet : « La vue de nuages sombres de sable et de poussière roulant, engloutissant tout sur leur passage, et transformant le jour en nuit est l'un des spectacles les plus intimidants de la nature. C'est un phénomène coûteux qui fait des ravages partout, de l'Asie septentrionale et centrale à l'Afrique subsaharienne. » « Les tempêtes de sable et de poussière représentent un redoutable défi pour parvenir à un développement durable. Bien qu’elles soient exacerbées par les activités humaines, elles peuvent également être réduites par des actions humaines », ajoute M. Thiaw. Si les tempêtes de sable et de poussière (TSP) sont un phénomène naturel régional courant et saisonnier, selon les experts de la CNULCD le problème est exacerbé par la mauvaise gestion des terres et de l'eau, par les sécheresses ainsi que le changement climatique. Les fluctuations de leur intensité, de leur ampleur ou de leur durée « peuvent rendre les TSP imprévisibles et dangereuses ». Avec des impacts ressentis bien au-delà des régions source, on estime que 2 milliards de tonnes de sable et de poussière pénètrent dans l'atmosphère chaque année, soit un poids équivalent à 350 grandes pyramides de Gizeh. Dans certaines régions, la poussière du désert a doublé au cours du siècle dernier. « Les tempêtes de sable et de poussière (TSP) sont de plus en plus fréquentes et sévères, avec des impacts transfrontaliers substantiels, affectant divers aspects de l'environnement, du climat, de la santé, de l'agriculture, des moyens de subsistance et du bien-être socio-économique des individus. L'accumulation des impacts des tempêtes de sable et de poussière peut être significative », déclare Feras Ziadat, fonctionnaire technique à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), président actuel de la Coalition des Nations unies pour la lutte contre les tempêtes de sable et de poussière. « Dans les zones sources, elles endommagent les cultures, affectent le bétail et décapent la terre arable. Dans les zones de dépôt, les poussières atmosphériques, en particulier lorsqu'elles sont associées à la pollution industrielle locale, peuvent provoquer ou aggraver des problèmes de santé humaine tels que des maladies respiratoires. Les communications, la production d'électricité, les transports et les chaînes d'approvisionnement peuvent également être perturbés par la faible visibilité et les défaillances mécaniques induites par la poussière. La Coalition des Nations Unies pour la lutte contre les tempêtes de sable et de poussière, actuellement présidée par la FAO, a été créée en 2019 pour guider les efforts mondiaux de lutte contre les TSP. » Dans leur compendium sur les tempêtes de sable et de poussière et la boîte à outils TSP qui l'accompagne (https://www.unccd.int/land-and-life/sand-and-dust-storms/toolbox), la CNULCD, la FAO et leurs partenaires offrent des conseils sur les approches et les méthodologies pour la collecte et l'évaluation des données sur les TSP, la surveillance et l'alerte précoce, l'atténuation de l'impact ainsi que la préparation, la cartographie des sources et l'atténuation des sources anthropiques aux niveaux infranational, national, régional et mondial. La discussion sur les TSP fait partie de l'ordre du jour de la réunion de cette année en Ouzbékistan du Comité chargé de l'examen de la mise en oeuvre de la convention (CRIC 21) et des progrès réalisés au niveau mondial dans la réalisation des objectifs stratégiques de la convention. C'est la première fois depuis son entrée en vigueur que la CNULCD organise l'une de ses réunions les plus importantes en Asie centrale. La réunion se tient à un moment critique, alors que des statistiques récentes publiées via le nouveau tableau de bord de la CNULCD (https://data.unccd.int/) montrent que le monde perd aujourd'hui près d'un million de kilomètres carrés de terres saines et productives chaque année, soit quelque 4,2 millions de kilomètres carrés entre 2015 et 2019. Cela correspond à peu près à la superficie combinée de cinq pays d'Asie centrale : Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan. Au cours de la réunion (à 18h00 heure locale / 13h00 GMT, mardi 14 novembre), les experts de la CNULCD et de la FAO présenteront trois rapports : Tempêtes de sable et de poussière. Guide des mesures d'atténuation, d'adaptation, de politique et de gestion des risques dans l'agriculture Processus de planification d'urgence pour catalyser les investissements et les actions visant à améliorer la résilience contre les tempêtes de sable et de poussière dans l'agriculture en République islamique d'Iran et Préparation des plans d'urgence pour les tempêtes de sable et de poussière avec les communautés d'éleveurs : une étude de cas en Mongolie Parmi les autres points à l'ordre du jour du CRIC 21 figurent la promotion de la gestion durable des terres, la garantie de droits fonciers équitables pour les femmes et la lutte contre les sécheresses et les incendies de forêt exacerbés par le changement climatique et la dégradation de l'environnement. * * * * * Contexte : Tempêtes de sable et de poussière Les tempêtes de sable et de poussière (TSP) sont connues sous de nombreux noms locaux : le sirocco, le haboob, la poussière jaune, les tempêtes blanches ou l'harmattan. Si les TSP peuvent fertiliser les écosystèmes terrestres et marins, elles présentent également une série de risques pour la santé humaine, les moyens de subsistance et l'environnement. Les épisodes de TSP prennent généralement naissance dans les zones arides et subhumides des basses latitudes, où la couverture végétale est rare ou inexistante. Ils peuvent également se produire dans d'autres environnements, notamment dans les zones agricoles et les zones de haute latitude dans les régions humides, lorsque des conditions spécifiques de vent et atmosphériques coïncident. Les TSP peuvent avoir des répercussions transfrontalières considérables, sur des milliers de kilomètres. Des réponses politiques mondiales et régionales unifiées et cohérentes sont nécessaires, notamment en ce qui concerne l'atténuation des sources, les systèmes d'alerte précoce et la surveillance. Les TSP ont souvent un impact économique important : par exemple, elles coûtent au secteur pétrolier du Koweït environ 190 millions de dollars par an, tandis qu'un seul événement de TSP en 2009 a entraîné des dommages estimés entre 229 et 243 millions de dollars en Australie. Les principales sources mondiales de poussières minérales se trouvent dans l'hémisphère nord, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie de l'Est. Dans l'hémisphère sud, l'Australie, l'Amérique du Sud et l'Afrique australe sont les principales sources de poussière. Plus de 80 % de l'Asie centrale est couverte de déserts et de steppes qui, associés au changement climatique et aux sécheresses persistantes, représentent une source naturelle majeure de tempêtes de sable et de poussière. La mer d'Aral, asséchée, est une source majeure de TSP, émettant plus de 100 millions de tonnes de poussière et de sels toxiques chaque année, impactant non seulement la santé des personnes vivant à proximité, mais aussi bien au-delà, et génère des pertes annuelles de 44 millions de dollars. La reconnaissance des TSP en tant que risque de catastrophe semble être élevée en Asie du Nord-Est, dans certaines parties de l'Asie de l'Ouest et en Amérique du Nord, mais moins importante ailleurs. La faible reconnaissance des TSP en tant que risque de catastrophe est probablement due à l'absence (dans de nombreux cas) de décès ou de blessures humaines directes et significatives spécifiquement dues à des TSP, ainsi qu'à une information consolidée limitée sur leurs incidences sanitaires, économiques ou autres à long terme. Les TSP et la santé Les TSP peuvent mettre en danger la vie des personnes souffrant de problèmes de santé. Les fines particules de poussière sont transportées à des niveaux troposphériques élevés (jusqu'à quelques kilomètres de haut) où les vents peuvent les transporter sur de longues distances. Les implications sanitaires des TSP font l'objet d'une recherche accrue depuis des décennies, la plupart des études ayant été menées en Asie de l'Est, en Europe et au Moyen-Orient. L'Afrique de l'Ouest n'a pas fait l'objet d'études suffisantes. Cette recherche s'est particulièrement intéressée à la modification de la pollution de l'air par les TSP. La relation de cause à effet entre le sable et la poussière présents dans l'atmosphère et les effets sur la santé n'est pas claire et doit faire l'objet d'études plus approfondies. Ce que l'on peut dire, c'est que les personnes à risque d'une population, en particulier ceux qui ont des problèmes cardio-pulmonaires préexistants, y compris l'asthme infantile, peuvent avoir un taux de mortalité ou de morbidité plus élevé lors d'une tempête de poussière. Les TSP peuvent également entraîner des coûts importants pour le secteur agricole en détruisant les récoltes ou en réduisant les rendements, en tuant les animaux ou en réduisant les productivités en lait ou en viande et en endommageant les infrastructures. Pour les cultures annuelles, les pertes sont dues à l'enfouissement des semis ou des cultures sous les dépôts de sable, à la perte de tissus végétaux et à la réduction de l'activité photosynthétique en raison du sablage. Cela peut entraîner la perte totale des récoltes dans une région ou une baisse des rendements. Il peut également y avoir un effet à plus long terme sur certaines cultures pérennes en raison des dommages causés aux arbres ou aux cultures (comme les couronnes de luzerne endommagées). Sur une note positive, les poussières des TSP peuvent contenir des éléments nutritifs du sol tels que l'azote, le phosphore et le potassium, ainsi que du carbone organique. Certains endroits bénéficient de ce dépôt de nutriments et de minéraux sur le sol ainsi que sur l'eau, en particulier sur les masses d'eau océaniques. Une fois déposés, ces éléments peuvent fournir des nutriments aux cultures et aux pâturages situés sous le vent. Ces avantages limités sont toutefois largement compensés par les dommages causés. Au niveau mondial, les principales sources de poussière sont les lacs asséchés ; les sources locales comprennent les plaines d'épandage glaciaire, les zones de cendres volcaniques et les champs récemment labourés. Les impacts multiformes, intersectoriels et transnationaux des TSP affectent directement 11 des 17 objectifs de développement durable. Pourtant, la reconnaissance mondiale des TSP en tant que danger est généralement faible, en partie à cause de leur complexité et leur impact cumulatif saisonnier, alliés à des données limitées. L'insuffisance des informations et des évaluations d'impact entrave la prise de décision et la planification efficaces pour lutter contre les sources et les impacts des stocks stratégiques de matières premières. La CNULCD aide les gouvernements à élaborer des politiques visant à promouvoir l'extension des pratiques de gestion durable des terres ainsi qu’à trouver et utiliser les dernières connaissances scientifiques pour élaborer et mettre en oeuvre des politiques d'atténuation efficaces. En collaboration avec le Centre régional pour l'environnement de l'Asie centrale, la CNULCD aide les pays vulnérables à la sécheresse et aux tempêtes de sable et de poussière en Asie centrale à élaborer et à mettre en oeuvre des stratégies de réduction des risques aux niveaux national et régional. Elle encourage les pays à adopter une stratégie globale de réduction des risques, assortie de systèmes de surveillance et d'alerte précoce, afin d'améliorer la préparation et la résistance à ces catastrophes environnementales. Parmi les mesures les plus nécessaires figurent : Une approche multisectorielle étayée par le partage d'informations, des interventions à court et à long terme, l'engagement de multiples parties prenantes et la sensibilisation aux TSP. La restauration des terres, en utilisant des pratiques de gestion des sols et de l'eau pour protéger les sols et augmenter le couvert végétal, dont il a été démontré qu'elles réduisent l'intensité des événements typiques des TSP. L'alerte précoce et la surveillance, en s'appuyant sur une connaissance actualisée des risques, et la prévision, avec la participation de toutes les parties prenantes (y compris les populations à risque) afin de s'assurer que les alertes sont fournies en temps opportun et de manière ciblée. L'atténuation de l'impact, grâce à une préparation visant à réduire la vulnérabilité, à accroître la résilience et à permettre une réponse opportune et efficace aux événements des TSP. * * * * * A propos La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiale pour les terres. Elle rassemble les gouvernements, les scientifiques, les décideurs, le secteur privé et les communautés autour d'une vision commune et d'une action mondiale visant à restaurer et à gérer les terres du monde pour la durabilité de l'humanité et de la planète. Bien plus qu'un traité international signé par 197 parties, la CNULCD est un engagement multilatéral visant à atténuer les effets actuels de la dégradation des terres et à promouvoir la gestion des terres de demain afin de fournir de la nourriture, de l'eau, un abri et des opportunités économiques à tous d'une manière équitable et inclusive. Le secrétariat de la CNULCD a dirigé la création du compendium des TSP en collaboration avec l'interface science-politique (SPI) de la CNULCD, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), ONU Femmes, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), ainsi que des experts et des partenaires externes.

La fréquence des tempêtes de sable et de poussière augmente dans de nombreuses régions du monde, avertit l'ONU
Over one-fifth of Central Asia’s land degraded, new UN data warns

New UN data warns land is degrading faster than we can restore it Healthy land the size of Central Asia degraded since 2015 around the world UNCCD meets in Uzbekistan to review global progress towards ending land loss Samarkand, 13 November 2023 – At the opening of its first-ever meeting held in Central Asia, the UN Convention to Combat Desertification (UNCCD) unveils new data showing land degradation rapidly advancing in the region and around the world. Between 2015 and 2019, the world lost at least 100 million hectares of healthy and productive land each year. This adds up to 420 million hectares, or 4.2 million square kilometres, slightly over the combined area of five Central Asian nations: Kazakhstan, Kyrgyzstan, Tajikistan, Turkmenistan and Uzbekistan. These statistics underscore the need for urgent action, as escalating land degradation continues to destabilize markets, communities, and ecosystems around the globe. According to the latest UN data, over 20 per cent of the total land area in Central Asia is degraded, equivalent to roughly 80 million hectares, an area almost four times the size of Kyrgyzstan. This affects an estimated 30 per cent of the region’s combined population. The UNCCD Data Dashboard launch comes at a critical juncture as world leaders and experts are gathering in Samarkand, Uzbekistan, from 13-17 November 2023 for the 21st session of the UNCCD Committee for the Review of the Implementation of the Convention (CRIC 21). For the first time, an open Data Dashboard compiles national reporting figures from 126 countries, allowing users to explore the trends in their own regions and countries. UNCCD Executive Secretary Ibrahim Thiaw said: “The first-ever UNCCD Data Dashboard offers an eye-opening insight into rapid loss of healthy and productive land around the world, with dire consequences for billions of people. At the same time, we are seeing some ‘brightspots’—countries effectively tackling desertification, land degradation and drought. As we gather in Uzbekistan this week to review global progress towards ending land loss, the message is clear: land degradation demands immediate attention.” Land restoration ‘brightspots’ Despite a bleak global picture, there are examples of countries effectively tackling desertification, land degradation and drought. While Uzbekistan reported the highest proportion of degraded land in the Central Asia region, it also saw the largest decrease – from 30 per cent to 26 per cent – compared to 2015. A total of 3 million hectares of land in Uzbekistan have been degraded due to the drying of the Aral Sea. Between 2018-2022, Uzbekistan carried out saxaul planting on an area of 1.6 million ha to eliminate salt and dust emissions from the drained bottom of the Aral Sea. Kazakhstan increased irrigated lands by 40 per cent, expanding the total irrigated area to 2 million hectares. In Kyrgyzstan, some 120,000 hectares of pastures and forests are now under sustainable land management, including a pasture rotation system. Turkmenistan committed to restoring 160,000 hectares under its national ‘greening the desert’ initiative by 2025. Land Degradation Neutrality goal still within reach Although land degradation varies by region, UNCCD data warns that if current trends persist a staggering 1.5 billion hectares of land will need to be restored globally by 2030 to reach targets enshrined in the Sustainable Development Goals (SDGs). Barron Orr, UNCCD Chief Scientist, said: “Although global trends are going in the wrong direction, it is still possible to not only meet but exceed land degradation neutrality goals. This can be done by stopping further degradation while accelerating efforts on existing commitments to restore one billion hectares of land by 2030 with funding and action hand-in-hand.” Around the world, approximately USD$ 5 billion in bilateral and multilateral funding flowed into global efforts to combat desertification, land degradation and drought between 2016 and 2019. This helped 124 nations roll out a wide range of projects aimed at addressing these challenges. All Central Asian nations have joined the LDN target-setting programme under UNCCD, bringing the total number of participating countries to 131. Half of the LDN targets set by countries in Central Asia have already been achieved, with projects to deliver on the rest of the commitments currently underway. Notes to editors For interviews and enquires please contact: press@unccd.int and/or unccd@portland-communications.com To access the UNCCD’s Data Dashboard please click here: https://data.unccd.int/ For any enquires on data and methodology, please write to reporting@unccd.int. The data related to land degradation (i.e. SDG indicator 15.3.1) is compiled in global and aggregate form from 115 country reports and 52 country-estimates drawn from global data sources.  For other indicators, the data is compiled in global and aggregate form "as received" from 126 Parties in their 2022 UNCCD national reports. Therefore, the facts present a partial estimate of progress at the global and regional level, in terms of the status and trends in these indicators/metrics, as not all Parties have reported all indicators. The information presented should in no way be interpreted as a comprehensive global or regional assessment of status and trends in the indicators/metrics. More information about the 21st session of the UNCCD Committee on the Review of the Implementation of the Convention (CRIC21): https://www.unccd.int/cric21 Accredited media representatives are invited to attend and report on CRIC21 and associated events. Field visits where journalists can see land restoration and drought resilience projects will take place immediately prior to CRIC21. Online registration for media representatives is available at the following link: www.unccd.int/cric-21-online-registration. About UNCCD The United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD) is the global vision and voice for land. We unite governments, scientists, policymakers, private sector and communities around a shared vision and global action to restore and manage the world’s land for the sustainability of humanity and the planet. Much more than an international treaty signed by 197 parties, UNCCD is a multilateral commitment to mitigating today’s impacts of land degradation and advancing tomorrow’s land stewardship in order to provide food, water, shelter and economic opportunity to all people in an equitable and inclusive manner.

Over one-fifth of Central Asia’s land degraded, new UN data warns