COP17 : 1,3 milliard de dollars mobilisés pour restaurer les terres et les parcours pastoraux
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24 août 2026
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Press release
- La Mongolie lance un pôle national Business4Land et se fixe un objectif de 10 % de prêts verts
- De nouveaux financements soutiennent les parcours pastoraux et la résilience à la sécheresse dans 23 pays sur cinq continents
Oulan-Bator, Mongolie, 24 août 2026 — Les gouvernements, banques de développement, fonds et entreprises réunis à l’occasion de la dix-septième session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de la CNULCD) ont annoncé 1,3 milliard de dollars de financements nouveaux et en préparation en faveur de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse, couvrant des engagements dans 23 pays sur cinq continents.
Au cœur de ces financements figure un effort majeur en faveur des parcours pastoraux, un enjeu particulièrement important pour la Mongolie, pays hôte de la COP17. L’Initiative phare pour les parcours pastoraux (Rangelands Flagship Initiative), qui représente actuellement 1,2 milliard de dollars répartis entre 45 projets identifiés, a été lancée à Oulan-Bator dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des pasteurs 2026, dont la désignation a été portée par la Mongolie. Il s’agit de la plus importante mobilisation jamais engagée par la Convention en faveur des parcours pastoraux.
Parmi les financements annoncés à la COP17, 644,5 millions de dollars sont actuellement identifiés comme de nouveaux financements, dont 216,4 millions sont déjà confirmés et en voie de mise en œuvre.
Le programme national de financement de la Mongolie
La Mongolie est arrivée à la COP17 avec une série de mesures visant à mobiliser davantage de financements nationaux en faveur de la restauration des terres. Celles-ci comprennent des principes de financement durable applicables à l’ensemble du secteur, une taxonomie verte nationale ainsi qu’un objectif de 10 % de prêts verts d’ici à 2030.
La Mongolie a également lancé un pôle national Business4Land (B4L), déclinant pour la première fois au niveau national la plateforme de la Convention consacrée au secteur privé. La Russie lui a emboîté le pas en créant son propre pôle, tandis que le Luxembourg a engagé la création d’une Fondation Business4Land et que l’Allemagne a financé le Groupe d’experts sur le financement de B4L.
Parcours pastoraux : une initiative phare dotée d’un portefeuille de projets
Les parcours pastoraux couvrent plus de la moitié de la surface terrestre mondiale et assurent les moyens de subsistance d’environ deux milliards de personnes, dont quelque 500 millions de pasteurs. Pourtant, jusqu’à la moitié de ces écosystèmes sont dégradés ou menacés, ce qui rend les investissements dans leur restauration essentiels pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la résilience à la sécheresse.
Les arguments économiques en faveur de ces investissements sont considérables. Les parcours pastoraux génèrent chaque année des bénéfices estimés entre 21 000 et 47 000 milliards de dollars, notamment grâce à la production alimentaire, aux ressources en eau, au stockage du carbone et à la biodiversité. Chaque dollar investi dans leur restauration génère généralement 4 à 6 dollars de retombées. Lorsque l’on tient compte de bénéfices publics plus larges, tels que l’approvisionnement en eau, ce rendement peut atteindre 36 dollars pour chaque dollar investi.
Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) soutient la coordination de l’Initiative phare pour les parcours pastoraux à travers un investissement de 3,3 millions de dollars dans le Projet Héritage de la COP17 de la CNULCD. Au cours des quatre dernières années, le FEM a également approuvé plus de 50 projets représentant plus de 300 millions de dollars, destinés à soutenir la gestion durable et la restauration des parcours pastoraux ainsi que les moyens de subsistance des pasteurs.
La Banque asiatique de développement a engagé 113 millions de dollars en faveur du Fonds régional pour une agro-industrie verte et inclusive (Green Inclusive Regional Agribusiness Fund), tandis que le Fonds vert pour le climat a soutenu deux projets au Botswana et en Mongolie, ainsi que le projet TWENDE au Kenya, mis en œuvre avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Le Fonds pour l’adaptation a engagé 9,1 millions de dollars en faveur de mesures d’adaptation pilotées localement avec les peuples autochtones et les communautés locales en Afrique. L’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ont, quant à eux, soutenu Forests4Future à hauteur de 76 millions de dollars, ainsi que trois autres programmes en Afrique australe. Peace Parks Foundation et Conservation International ont apporté le programme Herding for Health, doté de 35 millions de dollars, tandis que l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) a présenté le STELARR Investment Hub, doté de 22 millions de dollars.
Douze des projets sont mis en œuvre avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), six avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et trois avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), témoignant d’une convergence croissante du système des Nations Unies et des partenaires du développement autour d’un programme commun de mise en œuvre en faveur des parcours pastoraux.
L’importance de cette initiative phare ne réside donc pas uniquement dans son volume financier. Elle tient également à l’émergence d’un portefeuille d’investissements consacré à des écosystèmes longtemps sous-évalués et sous-financés, malgré leur rôle essentiel pour les systèmes alimentaires, les moyens de subsistance et la résilience.
« Les terres ne sont pas simplement un enjeu environnemental : elles constituent une véritable infrastructure économique. Elles sont à la base de notre alimentation, de nos ressources en eau, de nos emplois et de notre stabilité. Lorsqu’elles se dégradent, les conséquences se font sentir dans l’ensemble des économies et des communautés. Ce que nous observons à Oulan-Bator, c’est le passage d’un débat sur le déficit de financement à la mise en place de mécanismes permettant de transformer les investissements en actions concrètes : renforcement des portefeuilles de projets, instruments de réduction des risques et partenariats public-privé. En définitive, ces financements seront jugés à l’aune de leur capacité à atteindre les populations et les territoires qui en ont le plus besoin. »
— Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD
« Les parcours pastoraux sont des écosystèmes essentiels, mais ils ont longtemps été sous-financés. Grâce au nouveau Projet Héritage de la COP17 de la CNULCD et aux autres projets qui rejoignent l’Initiative phare pour les parcours pastoraux, le FEM soutient la mise en œuvre à grande échelle de solutions éprouvées de gestion et de restauration des parcours, en associant ses investissements à des partenariats solides. »
— Chizuru Aoki, Cheffe de la Division des conventions et fonds multilatéraux pour l’environnement du Fonds pour l’environnement mondial
Les banques de développement renforcent leur engagement — et les terres s’affirment comme une catégorie d’investissement à part entière
Le Dialogue ministériel sur les mécanismes financiers innovants a réuni des représentants de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de la Banque asiatique de développement, de la Banque européenne d’investissement, de la Banque islamique de développement, du FEM et du Fonds vert pour le climat, afin de faire progresser le financement de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse.
Les pays Parties et les banques de développement ont souligné la nécessité de rendre les investissements dans les terres, la santé des sols et la résilience à la sécheresse plus visibles et plus facilement mesurables au sein des catégories existantes de financement de la nature, selon un principe simple : ce qui est mesuré est davantage susceptible d’attirer des investissements.
Un large soutien s’est dégagé en faveur du développement des garanties, des mécanismes de capital de première perte et des assurances indicielles. Les besoins sont particulièrement importants en Afrique, où seuls 3 % des petits exploitants agricoles disposent d’une assurance agricole, contre 20 % dans le reste du monde en développement.
Les participants ont également soutenu la création de mécanismes de préparation de projets afin de constituer un portefeuille de projets prêts à recevoir des investissements, notamment dans les pays les moins avancés et les contextes fragiles. Ils ont également appelé à simplifier l’accès aux fonds multilatéraux. Parmi les autres solutions examinées figuraient les échanges dette-nature, les obligations liées à la performance environnementale, les obligations liées à des objectifs de durabilité et les plateformes nationales.
Ces discussions se sont accompagnées d’engagements financiers concrets. Lors de l’événement de haut niveau de l’Union africaine, la Banque africaine de développement a engagé 100 millions de dollars en faveur du programme du bassin du fleuve Zambèze, couvrant huit pays, ainsi que de l’Accélérateur de la Grande Muraille verte pour l’Afrique australe. Ces deux engagements sont confirmés et disposent déjà de procédures définies en vue de leur approbation par le Conseil d’administration.
Autres engagements financiers
Le Luxembourg a engagé 5 millions d’euros sous forme de capital catalytique de première perte en faveur du Mécanisme d’investissement pour la résilience à la sécheresse (Drought Resilience Investment Facility). L’Espagne a engagé 5 millions d’euros pour la deuxième phase de l’Alliance internationale pour la résilience à la sécheresse (IDRA), et l’Allemagne 11 millions d’euros supplémentaires en faveur de CompensActions.
Le Service forestier coréen, le PNUD et le Mécanisme mondial ont par ailleurs lancé l’appel à propositions du Greening Drylands Partnership, qui permettra d’acheminer 2,4 millions de dollars de petites subventions directement aux acteurs locaux chargés de leur mise en œuvre.
Entreprises : du concept à l’ancrage national
Le financement du secteur privé ne représente actuellement qu’environ 6 % des investissements mondiaux dans la restauration des terres. Les pôles B4L lancés à Oulan-Bator visent à contribuer à combler ce déficit au niveau national, en complément des efforts mondiaux destinés à mobiliser les investissements privés.
L’enjeu ne consiste pas simplement à demander aux entreprises d’investir davantage. Il s’agit de créer les conditions permettant aux investissements dans la restauration des terres de changer d’échelle, notamment grâce à des portefeuilles de projets plus solides, des données fiables, des signaux politiques plus clairs et des mécanismes permettant de mieux gérer les risques aux premières étapes des projets.
Le lancement des pôles nationaux Business4Land constitue une étape importante pour rapprocher cette architecture des lieux où se prennent les décisions d’investissement. La Mongolie a créé le premier pôle national B4L, suivie par la Russie, tandis que le Luxembourg a engagé la création d’une Fondation Business4Land et que l’Allemagne a soutenu le Groupe d’experts sur le financement de B4L.
Ensemble, ces initiatives visent à établir des liens plus directs entre les priorités nationales, les entreprises, les institutions financières et les possibilités d’investissement.
« Six pour cent, ce n’est pas une simple marge d’erreur : ce chiffre témoigne de la manière dont les paysages régénératifs ont jusqu’ici été présentés aux investisseurs. Les entreprises ne manquent pas d’intérêt pour des chaînes d’approvisionnement résilientes, un accès sûr à l’eau et des sols productifs. Ce qui manque, ce sont des projets bancables, des données fiables et un partage équitable des risques initiaux. C’est pourquoi les entreprises appellent à des cadres politiques plus cohérents, à une collaboration public-
privé renforcée et à des conditions d’investissement permettant aux paysages régénératifs de changer d’échelle. Le capital de première perte, les pôles nationaux Business4Land et une Fondation Business4Land commenceront à répondre à ces lacunes. Il ne s’agit pas de philanthropie : il s’agit de risques qui pèsent sur les bilans des entreprises et auxquels celles-ci ont tout intérêt à s’attaquer. »
— Peter Bakker, Président-directeur général du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD)
Les arguments économiques en faveur de l’investissement
Les ministres ont convenu que l’ampleur des besoins de financement ne pouvait être couverte par les seules subventions, en particulier à un moment où l’aide publique au développement a reculé de 23,1 % en 2025et où environ la moitié des pays à faible revenu sont en situation de surendettement ou exposés à un risque élevé de surendettement.
Le déficit reste considérable. Selon l’évaluation des besoins financiers de la CNULCD, 355 milliards de dollars par an seront nécessaires jusqu’en 2030 pour tenir les engagements mondiaux en matière de restauration des terres, contre 77 milliards de dollars d’investissements actuellement, soit un déficit annuel de 278 milliards de dollars. Le coût de l’inaction est estimé à 878 milliards de dollars par an, tandis que les investissements en faveur de terres en bonne santé pourraient générer jusqu’à 1 800 milliards de dollars de bénéfices par an.
Pour combler ce déficit, les gouvernements devront également aller au-delà des mécanismes traditionnels de financement du développement, notamment en recourant à des allégements fiscaux en faveur de la restauration, des paiements pour services écosystémiques et à la réorientation des subventions préjudiciables à l’environnement, dont quelque 2 400 milliards de dollars proviennent de fonds publics.
Par ailleurs, le mécanisme FIELD a annoncé son intention de catalyser 2 milliards de dollars supplémentaires de financements en faveur de la restauration des terres en Asie et dans le Pacifique. S’agissant d’un objectif de mobilisation financière et non de financements déjà engagés, ce montant n’est pas inclus dans les totaux indiqués ci-dessus.
Notes aux rédactions
- Pour les demandes des médias et les demandes d’entretien : Bureau de presse de la CNULCD — press [at] unccd.int (press[at]unccd[dot]int)
- Pour plus d’informations sur l’annonce du FEM : New GEF initiative will support UNCCD to strengthen drylands and drought resilience
Ressources pour les médias
- Programme de la COP17
- Site web de la COP17 de la CNULCD
- Site web du pays hôte
- UN WebTV – retransmission en direct des principales séances plénières avec interprétation en direct dans les six langues officielles de l’ONU
- Ressources visuelles et éléments d’identité graphique de la COP17 de la CNULCD
- Earth Negotiations Bulletin – couverture quotidienne, photographies et analyses
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Hashtag principal : #COP17Mongolia
Autres hashtags : #UNCCDCOP17, #UNited4Land
À propos de la CNULCD
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) porte une vision et une voix mondiales en faveur des terres. Elle rassemble gouvernements, scientifiques, décideurs, secteur privé et communautés autour d’une vision commune et d’une action mondiale visant à restaurer et à gérer durablement les terres de la planète, pour le bien-être de l’humanité et de la planète.
Bien plus qu’un traité international réunissant 197 Parties, la CNULCD constitue un engagement multilatéral visant à atténuer les effets actuels de la dégradation des terres et à promouvoir une gestion responsable des terres pour l’avenir, afin de garantir à toutes et à tous, de manière équitable et inclusive, l’accès à la nourriture, à l’eau, au logement et aux perspectives économiques.
Publications
Strong, sustainable, and resilient urban-rural linkages are central to efforts to combat land degradation, reduce out-migration, and achieve other sustainable development…