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De nouvelles données montrent que les terres de parcours se dégradent plus rapidement que les forêts tropicales dans certaines régions, malgré les multiples bénéfices qu’elles apportent et le fait qu’elles soutiennent deux milliards de personnes. Bonn/Panama, le 4 décembre 2025 — S’étendant des zones arides d’Amérique latine et d’Afrique jusqu’aux steppes d’Asie centrale, les terres de parcours constituent un pilier de la sécurité alimentaire, de la stabilité climatique et de cultures pastorales plusieurs fois centenaires. Ces vastes paysages, qui couvrent la moitié de la planète, stockent des quantités considérables de carbone, atténuent les extrêmes climatiques et régulent l’eau dans certaines des régions les plus sèches du monde. Pourtant, malgré leur immense valeur, les terres de parcours demeurent parmi les écosystèmes les plus négligés de la planète. Dans plusieurs régions, elles se dégradent désormais plus rapidement que les forêts tropicales — avec de graves conséquences pour la sécurité alimentaire, la résilience climatique et les moyens de subsistance ruraux. La restauration des terres de parcours offre certains des retours sur investissement les plus élevés parmi tous les écosystèmes, générant jusqu’à 35 dollars pour chaque dollar investi. Ces nouvelles conclusions préliminaires d’une analyse coûts–avantages mondiale menée par l’Initiative sur l’économie de la dégradation des terres (Economics of Land Degradation, ELD) ont été présentées aujourd’hui lors de la réunion de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) qui se tient au Panama — la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23). Le Scientifique en chef de la CNULCD, Barron Joseph Orr, explique : « L’analyse confirme ce que de nombreuses communautés pastorales savent depuis longtemps : les terres de parcours sont des atouts écologiques et économiques stratégiques, et non des terres marginales. Ces bénéfices proviennent d’une productivité végétale accrue, d’un stockage du carbone plus profond, d’une meilleure rétention d’eau et de la dégradation évitée. » « L’urgence est évidente. Entre 25 % et 50 % des terres de parcours mondiales sont dégradées ou menacées, affaiblissant les cycles de l’eau, la productivité du bétail, la biodiversité et les moyens de subsistance ruraux. Dans des régions comme le Sahel, l’Asie centrale et certaines parties de l’Amérique du Sud, les pressions climatiques réduisent déjà la productivité et limitent la mobilité pastorale — avec des répercussions en cascade sur la sécurité alimentaire », a ajouté Orr. Mark Schauer, Senior Programme Officer à la Coopération allemande au développement (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit – GIZ) et coordinateur de l’Initiative ELD, a déclaré : « Restaurer les terres de parcours a du sens, économiquement comme écologiquement. En renforçant la base factuelle et en collaborant avec les communautés pastorales, nous pouvons aider les pays à concevoir des investissements qui renforcent la résilience à long terme. » Depuis plus de dix ans, l’Initiative ELD fournit aux gouvernements des données sur la véritable valeur économique de terres saines — et sur les pertes considérables causées par leur dégradation. Son nouveau document de réflexion, The Business Case for Investment in Rangeland Restoration, présenté au CRIC23, sera suivi d’une évaluation complète lors de la COP17 de la CNULCD en Mongolie en août prochain. « Un ensemble croissant de données montre que les terres de parcours — longtemps considérées comme marginales ou comme des espaces ‘vides’ — sont en réalité essentielles à l’action climatique, à la sécurité alimentaire et hydrique, et au développement rural durable. Avec la publication de l’évaluation économique complète attendue avant la COP17, le CRIC23 a renforcé les bases techniques et politiques nécessaires pour intensifier l’investissement dans ces vastes paysages qui soutiennent la vie », ajoute Schauer. Les experts ont souligné que la restauration efficace des terres de parcours ne repose pas sur des solutions d’ingénierie coûteuses. Elle nécessite des droits fonciers et hydriques sécurisés, une gouvernance menée par les communautés et un pâturage durable fondé sur la mobilité. Lorsque les pasteurs peuvent se déplacer en fonction des saisons, la végétation se régénère plus rapidement, les sols retiennent davantage d’humidité et les stocks de carbone restent stables. Cette approche renforce également la résilience des peuples autochtones, des femmes, des jeunes et de toutes les personnes dont les moyens de subsistance et l’identité culturelle sont profondément liés aux terres de parcours. Le CRIC23 se tient alors que les pays se préparent à célébrer en 2026 l’Année internationale des terres de parcours et des pasteurs (IYRP), déclarée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cet événement devrait offrir une visibilité sans précédent aux terres de parcours, aux pasteurs et à leurs systèmes de connaissances. Enrique Michaud, Coprésident de l’Alliance mondiale de l’IYRP, a déclaré : « Les pasteurs prennent soin de ces terres depuis des générations. Leur savoir, leur mobilité et leur gestion sont essentiels pour restaurer les terres de parcours et renforcer la résilience. À l’approche de l’Année internationale des terres de parcours et des pasteurs, nous devons veiller à ce que les communautés pastorales ne soient pas seulement entendues, mais aussi pleinement soutenues comme partenaires des actions en faveur du climat et de la durabilité environnementale. » Ariuntuya Dorjsuren, Directrice générale de la Division de la coopération internationale au Ministère de l’Environnement et du Changement climatique et Point focal national de la Mongolie, ajoute : « La Mongolie est un pays façonné par les terres de parcours et les traditions pastorales. Nous savons d’expérience que lorsque les terres de parcours prospèrent, les communautés prospèrent. Alors que nous nous préparons à accueillir la COP17, l’une de nos grandes priorités est d’inscrire les terres de parcours au premier plan de l’agenda mondial et de garantir que les pays disposent des données, des partenariats et des investissements nécessaires pour restaurer ces écosystèmes essentiels à grande échelle. » La CNULCD contribue à l’IYRP à travers son Initiative-phare sur les terres de parcours et la campagne de la Route de la soie prévue pour 2026, qui mettra en valeur les paysages de parcours et les cultures pastorales tout au long d’un parcours de 6 000 kilomètres traversant 10 pays. Ces efforts s’appuient sur l’élan politique allant de la COP16 à Riyad à la COP17 à Oulan-Bator, les présidences de COP successives s’alignant pour faire des terres de parcours une priorité mondiale en matière de climat et de moyens de subsistance. Liste des ressourceshttps://www.unccd.int/resources/global-land-outlook/glo-thematic-report-rangelands-and-pastoralistshttps://wwf.panda.org/discover/our_focus/food_practice/grasslands_and_savannahs/roots_to_riches_priority_decisions_for_grasslands/https://www.eld-initiative.org/en/projects/economics-of-rangelands
Bonn/Panama, 3 décembre 2025 – Partout dans le monde, les femmes s’adaptent déjà à un paysage en pleine transformation. Elles réorganisent les cycles de plantation, parcourent de plus longues distances pour l’eau, protègent les cultures contre la sécheresse, prennent soin des personnes âgées et des enfants lors de phénomènes climatiques extrêmes, et maintiennent des systèmes alimentaires reposant sur des sols de plus en plus fragiles. Leur travail quotidien reflète une réalité mondiale : 40 % des terres de la planète sont désormais dégradées et les sécheresses sont 30 % plus fréquentes qu’il y a vingt ans. Ces expériences ont alimenté les discussions du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC), la réunion annuelle où les pays évaluent les progrès accomplis dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Dans ce processus, le Caucus Genre — créé lors de la quinzième session de la Conférence des Parties (COP15) à Abidjan et inscrit à l’agenda officiel pour la première fois cette année — s’est imposé comme l’un des espaces les plus influents pour façonner des politiques foncières sensibles au genre. Au CRIC23 à Panama, le Caucus a attiré l’attention sur deux enjeux urgents : le leadership et les visions du monde des femmes autochtones dans la gestion durable des terres, ainsi que les impacts genrés des tempêtes de sable et de poussière (SDS), un risque environnemental aggravé par la dégradation des sols, l’assèchement des lacs et les changements climatiques. Terre, savoirs et continuité Les intervenants venus du Panama, de l’Arctique, d’Afrique, d’Amérique latine et de Mongolie ont souligné que le lien des femmes à la terre dépasse largement les responsabilités quotidiennes. Il façonne la continuité culturelle, la sécurité alimentaire et la stabilité des communautés. Pourtant, malgré cela, les connaissances des femmes guident rarement les stratégies nationales de conservation des sols ou de résilience à la sécheresse. La Cheffe nationale Wounaan du Panama, Aulina Ismare Opua, a décrit les conséquences directes du changement environnemental sur la vie communautaire. « Les femmes de nos communautés sont confrontées chaque jour aux effets de l’évolution des sols, des forêts et de l’eau. Nous gérons ces impacts, mais nous ne sommes pas suffisamment incluses lorsque les politiques sont élaborées. Ce manque nuit à tout le monde », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que l’accès limité à la terre, à l’éducation et au financement compromet la capacité des femmes autochtones à contribuer pleinement aux stratégies nationales. « Lorsque les femmes guérissent la terre, la terre guérit le monde », a-t-elle indiqué, appelant à une inclusion accrue dans les agendas nationaux et internationaux. Hindou Oumarou Ibrahim, Coordinatrice de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad (AFPAT), a souligné que la compréhension qu’ont les femmes autochtones des changements environnementaux s’enracine dans des générations d’observation et de pratiques. « Chaque carte de nos terres porte la mémoire de nos mères et de nos grands-mères. Chez les peuples autochtones, les femmes détiennent des générations de savoirs écologiques, pourtant ces connaissances sont trop souvent invisibilisées. Alors que les changements climatiques et la dégradation des terres s’accélèrent, nos savoirs ne sont pas des traditions du passé — ce sont des outils de résilience pour le présent et de survie pour l’avenir, protégeant à la fois nos communautés et la Terre que nous partageons », a-t-elle expliqué. Leurs témoignages font écho aux données mondiales : les peuples autochtones gèrent environ un quart des terres de la planète, dont une grande partie est très riche en biodiversité. Les femmes jouent un rôle central dans cette gestion, tout en demeurant sous-représentées dans les ministères de l’environnement, les instances foncières et les négociations multilatérales. Au sein du Caucus Genre, cette expertise a été directement intégrée au débat politique — de la sécurisation des droits fonciers menacés, à la combinaison des savoirs ancestraux et scientifiques, en passant par la restauration de paysages dégradés par l’érosion, la sécheresse ou la déforestation. Les intervenantes de Mongolie ont mis en avant les réalités auxquelles sont confrontées les femmes éleveuses rurales, notamment la perte de bétail due aux phénomènes climatiques extrêmes et l’absence de droits fonciers ou d’accès au crédit, qui limitent leur autonomie économique. Le message d’une éleveuse a particulièrement résonné : « Le sol, c’est la vie — et notre vie dépend du sol. » Ces contributions devraient orienter les recommandations sensibles au genre issues de la réunion. Une menace croissante aux conséquences genrées Lorsque les discussions se sont tournées vers les risques climatiques, une autre réalité est apparue avec netteté : l’impact disproportionné des tempêtes de sable et de poussière. Les SDS s’intensifient dans de nombreuses régions, affectant des communautés d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Océanie et même d’Europe. Ces tempêtes soulèvent près de deux milliards de tonnes de poussière dans l’atmosphère chaque année, et au moins un quart de ces événements sont exacerbés par des pratiques d’utilisation des terres non durables. Leurs impacts touchent de multiples secteurs — agriculture, sécurité hydrique, transports, santé — mais ne sont pas répartis équitablement. Dans les communautés rurales et à faible revenu, les femmes sont souvent exposées plus longtemps en raison du travail agricole, de la collecte d’eau et des activités de marché. À l’intérieur des foyers, la poussière s’accumule dans les espaces de cuisine et de vie, augmentant les risques respiratoires. Et lorsque les tempêtes entraînent la fermeture des écoles, des marchés ou des récoltes, la charge de soins et la perte de revenus reposent d’abord sur les femmes. Tout au long du Caucus Genre, les participants ont mis en avant une lacune persistante : l’absence de données ventilées par sexe. Sans ces données, les systèmes d’alerte rapide et les plans de préparation négligent les vulnérabilités des femmes et les stratégies qu’elles utilisent déjà. Le renforcement de ces systèmes d’information devrait figurer parmi les recommandations issues du CRIC23. Une évolution dans la représentation Cette année marque également une avancée importante pour la participation des femmes aux processus de la Convention. Grâce au Fonds pour les femmes déléguées (WDF) — soutenu par le programme mondial de la GIZ « Renforcement du pouvoir d’agir des femmes pour des zones rurales résilientes » (WE4R), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement — des femmes provenant de pays touchés par la sécheresse et de pays en développement ont pu participer pleinement aux sessions du CRIC23 et bénéficier d’une formation ciblée en négociation en préparation de la COP17. Les données de la CNULCD montrent l’ampleur des progrès encore nécessaires : les femmes ne représentaient que 27 % des délégués à la COP15 et 33 % lors de la dernière session du CRIC. Le groupe du WDF a apporté une expertise allant de l’hydrologie, la foresterie et l’agronomie aux politiques environnementales et au leadership communautaire, enrichissant à la fois le Caucus Genre et les discussions plus larges. « Investir dans les femmes négociatrices, c’est investir dans des décisions foncières plus inclusives, efficaces et durables. Leur leadership renforce non seulement les salles de négociation, mais aussi les solutions mises en œuvre dans leurs pays», a déclaré Andreas Lange, responsable du programme de la GIZ. COP17 : ancrer les politiques dans l’expérience vécue À l’approche de la COP17 en Mongolie, les discussions du CRIC23 convergent vers une conclusion claire : la dégradation des terres et la sécheresse ne peuvent être efficacement combattues sans les perspectives des femmes qui gèrent la terre au quotidien. Leurs savoirs — scientifiques, traditionnels et expérientiels- sont essentiels pour restaurer les parcours pastoraux, améliorer la santé des sols, se préparer aux SDS et préserver la continuité culturelle face aux pressions environnementales. Les intervenantes ont également appelé à un soutien accru à l’éducation des filles autochtones, à un meilleur accès à la technologie et au crédit, ainsi qu’à la reconnaissance du travail domestique, agricole et artisanal non rémunéré des femmes — autant d’éléments essentiels pour maintenir la gestion durable des terres à travers les générations. Le Caucus Genre a souligné un message simple mais décisif : les politiques de protection des terres doivent refléter l’expérience de celles et ceux qui en dépendent le plus — faute de quoi elles risquent de répondre à la crise en apparence, mais pas en pratique.
CRIC23 Examines Land Tenure and Launches the Economics of Rangelands ReportThe fourth day of CRIC23 turns to the policy foundations that determine whether land restoration succeeds, with discussions focused on strengthening land tenure systems, improving enabling conditions for sustainable land management, and reviewing new economic findings that will shape global thinking on dryland resilience ahead of COP17.Key eventEconomics of Rangelands – Key Findings Ahead of COP17Please note: Key findings and early messages from the upcoming Economics of Rangelands report will be made available to the media, highlighting the economic value of rangelands and the costs of their ongoing degradation. There will be no formal press briefing, but the following experts will be available for media interviews upon request:Mark Schauer, Project Lead (Co-Lead), Sector Programme Resilient Rural Areas, GIZDr. Barron Orr, UNCCD Chief ScientistAriuntuya Dorjsuren, Director General, International Cooperation Division, Ministry of Environment and Climate Change, MongoliaEnrique Michaud, Co-Chair, IYRP Global AllianceFor interview arrangements, please contact: press@unccd.intHost country event of notePanama Side Event: “The Nature Pledge Journey”When: 13:15–14:45Where: CARIBE 4Led by the Government of Panama, this session will present the country’s progress under the Panama Nature Pledge, including work to achieve LDN by 2030, restore priority hotspots, and integrate land, climate and biodiversity policies.This event may interest journalists following Panama’s national leadership and regional positioning during CRIC23.Additional Themes Covered Today How land tenure security supports land restoration and climate resilienceNational experiences in achieving LDN targetsEconomic and policy considerations emerging from dryland and rangelands assessmentsRegional cooperation, lessons and priorities on land governanceSide events organised by partners take place throughout the day.Full schedule: https://www.unccd.int/cric23/side-events
La perte de terres fertiles et les sécheresses extrêmes placent les PEID en première ligne dans un climat qui se réchauffe. La voix des PEID gagne en importance à l’approche de la COP17 de la CNULCD en Mongolie La superficie des terres des PEID touchées par au moins six mois de sécheresse extrême par an atteint 17 %, contre 2 % il y a 60 ans. Près de sept personnes sur dix vivant dans les PEID sont désormais exposées à la sécheresse.Les PEID doivent d’urgence adopter des pratiques agricoles durables pour renforcer leur sécurité alimentaire et hydrique face au changement climatique. Le Forum des PEID de la CNULCD met en lumière les défis uniques auxquels sont confrontés les PEID, alors que la perte de terres fertiles et les sécheresses sévères menacent vies humaines et moyens de subsistance. Bonn/Panama City, le 2 décembre 2025 – Chaque centimètre de terre est vital pour la survie des petits États insulaires en développement (PEID), qui subissent de plus en plus les effets de sécheresses aggravées et de la perte de sols fertiles, selon une note d’information publiée lors de la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23) qui se tient au Panama. Préparée par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), cette note avertit que la part des terres des PEID touchées chaque année par au moins six mois de sécheresse extrême est passée à 17 % pour la période 2014–2023, contre 2 % entre 1961 et 1970. Parallèlement, l’urbanisation, l’agriculture non durable et les industries extractives alimentent la dégradation de terres précieuses dans certains des territoires les plus petits, les plus isolés et les plus pauvres du monde — qui sont aussi parmi les plus vulnérables au changement climatique. Les PEID abritent près de 74 millions de personnes, soit environ 1 % de la population mondiale, mais font face à des défis sociaux, économiques et environnementaux uniques : la perte de la moindre surface de terre productive compromet leur sécurité alimentaire, hydrique et énergétique ; augmente la transmission des maladies infectieuses ; et fragilise les moyens de subsistance ruraux, les femmes et les filles étant les plus durement touchées. Compte tenu du faible volume de terres arables et de la base de ressources étroite, chaque parcelle de terre est cruciale pour la résilience des communautés, des économies et des écosystèmes — en particulier face aux aléas climatiques. La Secrétaire exécutive adjointe de la CNULCD, Andrea Meza, a déclaré : « Les petits États insulaires en développement nous rappellent que prendre soin de nos terres est une question existentielle. Nous devons transformer de toute urgence nos systèmes alimentaires et aligner nos politiques afin d’utiliser les terres comme fondement du développement durable, comme garantie de sécurité et comme solution pour le climat et la biodiversité. Alors que le monde connaît des phénomènes météorologiques et climatiques de plus en plus extrêmes, il est impératif d’investir dans des terres saines pour réduire la vulnérabilité de nos communautés — dans les PEID et au-delà. » Des défis croissants La note résume les principales informations issues d’évaluations récentes et de sources scientifiques — dont le tableau de bord de données de la CNULCD — afin de présenter les défis et opportunités des PEID en matière de terres et de sécheresse. Les PEID comprennent 39 États et 18 territoires répartis dans les Caraïbes, le Pacifique, ainsi que l’Atlantique, l’océan Indien et la mer de Chine méridionale (AIS). Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire des PEID est freinée par la faible quantité de terres arables, le coût élevé des importations alimentaires et le triple fardeau de la malnutrition : sous-alimentation, carences en micronutriments et obésité. Dans la plupart des PEID, la production agricole est limitée par la faible fertilité des sols, les coûts élevés des intrants et l’exposition aux sécheresses, cyclones et phénomènes de salinisation — les rendant incapables de répondre à la demande alimentaire intérieure. La dégradation des terres aggrave encore cette situation fragile.Dégradation des terres :La gestion non durable des terres et de l’eau augmente la vulnérabilité des PEID à la sécheresse. De nombreux processus de dégradation trouvent leur origine dans les héritages du colonialisme — en particulier les plantations de cultures de rente et les industries forestières, qui ont remplacé les pratiques autochtones de gestion des terres et entraîné une insécurité foncière.Sécheresse et pénurie d’eau :Un problème croissant, notamment pour les PEID les plus pauvres, les plus petits ou les plus isolés — tels qu’Haïti, la Martinique, les Comores, les Îles Marshall et Guam. Cinq PEID connaissent une pénurie d’eau (moins de 1 000 m³ par habitant et par an), et trois autres font face à une pénurie absolue (moins de 500 m³).Biodiversité : Les PEID couvrent moins de 0,5 % de la surface terrestre, mais abritent plus de 20 % de la biodiversité mondiale. La perte de biodiversité réduit la fertilité des sols, la pollinisation, les cycles hydrologiques et la protection côtière — affaiblissant ainsi la productivité des écosystèmes, leur résilience et la sécurité alimentaire. Politiques publiques et données :Les institutions locales manquent souvent de ressources et d’expertise pour intégrer des solutions fondées sur la nature dans la gestion des terres. Le renforcement des capacités techniques et l’accès à des données de couverture terrestre à haute résolution sont essentiels. Huit des vingt pays en tête de l’indice mondial de fuite des cerveaux (Human Flight and Brain Drain Index) sont des PEID : Jamaïque, Haïti, Guyana, Grenade, Cabo Verde, Samoa, Micronésie et Fidji.Financements : Seulement 487 millions USD de l’ensemble des financements destinés aux PEID entre 2016 et 2023 concernaient la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. De plus, ces financements étaient très concentrés : cinq pays — Papouasie-Nouvelle-Guinée, Haïti, République dominicaine, Îles Salomon et Fidji — en ont reçu 65 %. Gouvernance de l’utilisation des terres La gouvernance des terres est un défi majeur pour les PEID. Dans les Caraïbes, l’insécurité foncière héritée de l’époque coloniale décourage les investissements dans la gestion durable des terres et de l’eau, alimentant un cercle vicieux de pauvreté et de dégradation. Dans le Pacifique, de nombreuses communautés ont conservé des droits coutumiers sur leurs terres ancestrales, mais perdent leurs rares terres arables au profit d’une urbanisation non planifiée. La note souligne que des garanties juridiques protégeant les systèmes de gouvernance traditionnels et la participation des communautés à la planification de l’utilisation des terres sont essentielles pour inverser ces tendances. Fred Nicholas, chargé de projet du National Environment Service des Îles Cook, explique : « La planification spatiale est un outil puissant : elle permet de protéger les terres saines, de réduire les conflits liés aux ressources limitées et de renforcer la résilience face à la sécheresse et au changement climatique. Mais son efficacité dépend d’une collaboration étroite entre les agences gouvernementales, les chefs traditionnels et les communautés, afin de gérer durablement les terres, les aquifères et les zones côtières selon une véritable approche de la crête au récif (ridge-to-reef). » Interventions rentables Les PEID dépendent fortement de paysages sains pour soutenir des secteurs économiques essentiels tels que l’agriculture, la pêche et le tourisme. Aujourd’hui, 26 des 39 PEID Parties à la CNULCD se sont engagés dans le processus de définition d’objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres (NDT), dont la République dominicaine, Maurice, Sao Tomé-et-Principe et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les approches comprennent notamment : Planification intégrée de l’utilisation des terres : Elle permet de gérer de manière équilibrée des ressources foncières limitées, tout en répondant aux besoins concurrents du logement, de l’agriculture, de la conservation de la nature et du tourisme. Pratiques agricoles autochtones et agroforestières : Elles constituent des moyens rentables d’améliorer la sécurité alimentaire, l’adaptation climatique et le développement durable. Dans toutes les régions, les PEID possèdent des approches traditionnelles plus résilientes aux sécheresses, inondations et tempêtes que les monocultures industrielles. Les systèmes d’utilisation duale des terres — agroforesterie, agrivoltaïsme, agriculture urbaine — peuvent à la fois protéger les services écosystémiques et répondre aux besoins alimentaires croissants. Efforts de coopération Les PEID parlent d’une voix unifiée dans les dialogues multilatéraux, notamment lors des négociations sur le climat. L’atelier et l’événement parallèle du Forum des PEID de la CNULCD démontrent comment les PEID placent la dégradation des terres et la sécheresse au cœur de leur agenda de développement. Les dirigeants y ont appelé à des investissements dans la restauration des terres, la gestion de l’eau et des déchets, ainsi qu’à renforcer la planification intégrée de l’utilisation des terres comme élément clé de la résilience climatique. Calvin James, ancien responsable du PILSM et désormais coordinateur du Forum des PEID de la CNULCD, a déclaré : « Les PEID connaissent de première main les impacts brutaux des catastrophes climatiques, comme la récente dévastation causée par l’ouragan Melissa en Jamaïque. Nous devons accélérer l’action sur les terres et la sécheresse en échangeant les bonnes pratiques, en partageant les enseignements tirés et en sensibilisant à nos défis et opportunités uniques. Nous considérons le Forum des PEID comme une étape clé vers la COP17, où nous espérons que les Parties reconnaîtront officiellement les petits États insulaires en développement comme une voix unifiée. » Le prochain Global Land Outlook sur les PEID, qui devrait être publié avant la COP17 en Mongolie, fournira une analyse approfondie des défis fonciers uniques et des voies possibles pour renforcer la résilience. Notes à l’intention des rédactions Demandes d’informations et demandes d’interview : press@unccd.int La note d’information « Small Island Developing States: Multi-dimensional challenges require integrated approaches to build resilience » est disponible ici : Small Island Developing States: Multi-dimensional challenges require integrated approaches to build resilience | UNCCD Ressources visuelles sur le CRIC23 et le tableau de bord des données de la CNULCD : https://trello.com/b/zq0kxtkK/unccd-cric23-panama-2025 Informations supplémentaires et actualités sur la Convention et le CRIC23 : https://www.unccd.int/cric23 À propos de la CNULCD La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) est la vision et la voix mondiales pour les terres. Nous rassemblons gouvernements, scientifiques, décideurs, secteur privé et communautés autour d’une vision commune et d’une action mondiale visant à restaurer et gérer durablement les terres de la planète. Bien plus qu’un traité international ratifié par 197 Parties, la CNULCD est un engagement multilatéral à atténuer les impacts actuels de la dégradation des terres et à promouvoir une gestion durable pour garantir nourriture, eau, logement et opportunités économiques pour toutes et tous, de manière équitable et inclusive.
CRIC23 Highlights Gender Equality, Indigenous Leadership, and the Post-2030 Strategic FrameworkToday’s CRIC23 discussions focus on gender equality, Indigenous women’s leadership, and the Interim Report of the Intergovernmental Working Group on the Future Strategic Framework (IWG-FSF).Key event 10:00–13:00 | Field Visit to the Panama Canal (Miraflores Visitors Center)Journalists are invited to a field visit organized by the Panama Canal Authority (ACP) at the Miraflores Visitors Center. The visit will offer insights into how the ACP integrates sustainability and watershed protection into its long-term strategy to safeguard the Canal’s water resources.The programme includes:Welcome and transfer to Salón Río GrandePresentation: Sustainable Development Strategy of the Panama CanalRaúl Martínez, Manager for Socio-Environmental Sustainability (ACP)Testimony: Experience of coffee producer Jim Mariscal with ACP-supported projectsQ&A with ACP representatives and community partnersGuided visit to key viewpoints and facilities of the Panama CanalTransport departs at 10:00 from the Panama Convention Center.Return to hotel expected at 13:00.Other CRIC23 highlights — Gender Caucus sessionsTwo sessions of the UNCCD Gender Caucus will take place on 3 December at the Panama Convention Centre. Journalists with CRIC23 accreditation may attend.10:00–11:30 | Gender Caucus — Session 1Leadership and worldviews of Indigenous women for sustainable land managementThis session brings together Indigenous women leaders to discuss land governance, ancestral knowledge systems, and current land-related challenges.11:30–13:00 | Gender Caucus — Session 2Gender dimensions of sand and dust stormsThis session explores how sand and dust storms affect men and women differently, adaptation strategies, and data gaps that inform future policy guidance.Launch eventStrengthening the Capacities of Latin American and Caribbean Countries for Sustainable Land Management and Ecosystem Restoration within the Framework of the UNCCDWhen: 3 December 2025Time: 19:00 – 21:30Where: Hotel Aloft Panama, Vía Israel y Calle 76, San Francisco, Panama CityOrganized by: CAF – Development Bank of Latin America and the Caribbean -& UNCCDThis launch event presents a new CAF–UNCCD collaboration to strengthen the capacities of Latin American and Caribbean countries in sustainable land management and ecosystem restoration. As land degradation and drought intensify vulnerabilities across the region, the initiative supports countries in advancing effective land and water management while helping mobilize the financing needed to meet UNCCD objectives.
Excellencies, Distinguished Delegates, Ladies and Gentlemen, Dear Friends, Before we begin our work, allow me to reflect on where we stand. Just a few kilometers from here lies one of the world’s most important waterways, the Panama Canal. Today, water levels are at historic lows. Ships move more slowly. Transit is restricted. Costs rise. And the ripple effects extend far beyond Panama: from the Suez Canal to the Rhine, the world is watching. But this is not only a story about global navigation, it is a story about people. It is about food prices, water scarcity, disrupted value chains, and strained livelihoods. It reminds us that land, water, climate, and economies are deeply interconnected, and that when land and water fail, everything downstream feels the impact. This is the human reality I have witnessed in my first 100 days as Executive Secretary. These are the stories that come from you. “Healthy land and soils are the foundation of food, water, stability, and peace.” And I want to begin by expressing my deepest appreciation to all Parties for your confidence in my appointment as Executive Secretary of this important Convention. It is a profound responsibility. And I commit, clearly that I will serve all Parties equally, transparently, and with the utmost professionalism. And my thanks goes to my brother Ibrahim Thiaw for the legacy he left and which I have the pleasure to build upon. Over the next days, we gather not to negotiate, but to deliver. CRIC is where we measure progress, identify gaps, and accelerate solutions. Let me be clear: “CRIC is not a negotiation body, it is a platform for delivery.” I will ensure that the session remains constructive, and focused on implementation. All Party requests will be addressed under their appropriate agenda items. And I will work closely with the CRIC Chair, the COP16 Presidency, and the incoming COP17 Presidency to ensure continuity and coherence. One of the most important topics from here to COP17 is Drought. Drought is advancing faster than ever, affecting millions today and threatening billions tomorrow. Three in four people may face drought by 2050 unless we change course. From Egypt to Chile to the Sahel, the message is clear: “Drought is predictable, and if it’s predictable, it’s preventable.” Since COP16, we were able to advance some of the work on Drought the Presidency has advanced the Tafá’ul Process to help parties to find possible solutions to achieve a negotiation outcome at COP 17 The Secretariat is committed to support countries to shift from a fragmented crisis response to an integrated drought risk governance. We are: Strengthening early warning and anticipatory action Supporting drought-smart policy reforms Developing technical guidance Preparing the IDRO Observatory architecture to support evidence-based decision-making These efforts support Parties in developing national drought plans, aligning ministries, improving water governance, and protecting vulnerable communities before crisis strikes. I want to thank the COP16 Presidency and partners for launching the Global Drought Resilience Partnership (RGDRP). But a fundamental truth remains: “Drought without finance remains words on paper.” Which I would like to address today. This is why advancing the Drought Resilience Investment Facility (DRIF) which provides a practical roadmap to help countries identify pipelines of bankable drought-resilience projects, mobilize blendd finance, and scale nature-based solutions. We are also strengthening tools to support Parties in developing drought-smart investment plans through: DRIF national pilots RGDRP partner coordination Integration with IDRA and IDRO technical products Restoring land and investing in resilience makes economic sense: Each dollar invested in restoration yields up to 30 dollars in benefitsInvestments in drought resilience pay off tenfoldWe will continue working on land restoration. Yet today, only 6% of land restoration and drought finance comes from the private sector. Let me state clearly: “Only six percent of land restoration finance comes from the private sector, this must change.” We need public, private, and philanthropic capital working together to unlock resilience at scale. Rangelands sustain nearly half a billion people. As we prepare for COP17 in Mongolia and the International Year of Rangelands and Pastoralists: “Rangelands sustain hundreds of millions of people, yet remain undervalued and under threat.” This is the moment to elevate them. But the real story comes from the real people – we have focused on Indigenous Peoples’ Caucus and the Local Communities Caucus, who along with women, bear the greatest burden of the impacts of drought and land degradation. Tomorrow afternoon, a consultation will take place on the work Indigenous representatives have undertaken over recent months, inviting feedback from Parties and observers. We continue to mobilize resources to advance this important work. Everywhere I go, I meet the people who protect and restore land every day. Their message is simple: “You cannot protect land without protecting the people who care for it.” Women, youth, Indigenous custodians, farmers, and herders hold the knowledge and the courage needed to safeguard our soils and water. But without: -Secure land rightsAccess to financeOpportunities for youthand a fair share of benefitsOur restoration efforts will not succeed. People are at the heart of the UNCCD mission. More than three billion people are already affected by land degradation, human lives, not numbers. Excellencies, colleagues, friends, We meet at a pivotal moment, a moment of rising droughts, declining water, and pressure on land. But it is also a moment of solutions, science, and collective determination. The story of the Panama Canal reminds us of one truth: “What happens upstream on land shapes everything downstream.” Let us choose to shape it wisely. Let us choose resilience. Let us choose communities. Let us choose the land that sustains us all I thank you.